La Coupe du monde vous déprime ? Voici une contre-histoire du football

La Coupe du Monde 2026 : Un événement controversé

Le coup d’envoi de la Coupe du Monde de football 2026 sera donné le 11 juin, rassemblant quarante-huit équipes, réparties sur trois pays hôtes : le Canada, les États-Unis et le Mexique. Cette édition se distingue par des milliers de kilomètres de déplacements en avion entre les différents sites de compétition et un partenariat controversé avec Aramco, le géant pétrolier saoudien, qui pourrait générer des profits records.

La Coupe du Monde 2026 incarne une problématique croissante au sein du sport professionnel, accentuée par le précédent Mondial au Qatar en 2022, qui a été marqué par la mort de 6 500 travailleurs migrants sur les chantiers. Ces événements soulignent l’insoutenabilité structurelle du sport-spectacle, illustrant comment le football professionnel a évolué en une industrie souvent indifférente aux enjeux environnementaux.

Une Révolution Libérale

Pour comprendre cette évolution, il est essentiel de remonter aux années 1990, période décrite par Jérôme Latta dans son ouvrage Ce que le football est devenu — Trois décennies de révolution libérale. Latta évoque une « révolution libérale » qui a transformé le football, notamment par l’explosion des droits télévisés, reconfigurant les compétitions en faveur des diffuseurs plutôt que du public. La libéralisation du marché des joueurs a également contribué à réduire ces derniers à des « actifs spéculatifs », tandis que la concentration des ressources dans une poignée de clubs a créé une oligarchie dont la puissance financière impacte désormais les résultats sportifs.

Un Football Populaire en Résistance

Malgré cette évolution, un autre football continue d’exister. Des ouvrages comme Une histoire populaire du football de Mickaël Correia montrent que le football populaire n’est pas un simple souvenir. Par exemple, pendant la Première Guerre mondiale, des ouvrières britanniques ont formé leurs propres équipes, attirant des foules de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. En 1920, un match des Dick, Kerr Ladies a rassemblé 53 000 spectateurs à Goodison Park, malgré l’interdiction de la Fédération anglaise de prêter des terrains aux équipes féminines, qui a duré cinquante ans.

Alternatives et Initiatives

Aujourd’hui, des initiatives comme l’Atlas du football populaire de Yann Dey-Helle mettent en lumière des clubs et des mouvements qui résistent à la commercialisation du sport. En France, la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT) abrite des clubs comme Les Dégos, un collectif luttant contre les discriminations dans le sport. De plus, le Ménilmontant FC 1871, qui évolue au sein de la Fédération Française de Football, prône une gestion autogérée et un engagement politique fort.

Conclusion

La Coupe du Monde 2026, avec ses enjeux environnementaux et économiques, pose des questions essentielles sur l’avenir du football professionnel. Si le Mondial promet d’être un événement spectaculaire, il met également en lumière les défis et les alternatives d’un football plus inclusif et responsable.

Source : Reporterre

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