Ours dans les Pyrénées : amour, haine et passions
La population d’ours dans les Pyrénées a suscité des débats passionnés, oscillant entre protection et antagonisme. Bien que des inquiétudes aient été exprimées dès la fin du 19ème siècle concernant la régression de cette espèce, une prise de conscience plus significative n’est apparue qu’à partir des années 1950.
Au début du 20ème siècle, l’ours ne se trouvait plus que dans les Alpes et les Pyrénées, avec une population estimée à environ 150 individus. Les populations des Pyrénées et des Monts cantabriques se sont alors séparées. La dernière observation d’ours dans les Alpes remonte à 1937.
Les mes de protection ont commencé à se mettre en place avec la suppression des primes pour la destruction de l’ours en 1947, suivie de la suspension de sa chasse en 1957, puis de son interdiction en 1972. Malgré des divergences sur les estimations de la population, tous les spécialistes s’accordent à reconnaître l’état critique de celle-ci. En 1954, le Dr Couturier, spécialiste de la faune alpine, évaluait le nombre d’ours à environ 50. En 1964, la Société nationale de protection de la nature (SNPN) alertait sur le fait qu’il ne restait pas plus de 60 à 80 ours dans les Pyrénées.
La création de la Fédération française des sociétés de protection de la nature en 1968, devenue France Nature Environnement, a été un tournant. Cette organisation a œuvré pour l’adoption d’une loi sur la protection de la nature, votée en juillet 1976, qui a permis d’inscrire l’ours sur la liste des espèces protégées en 1979.
Dans les Pyrénées, le Fonds d’intervention éco-pastoral (FIEP) a été établi en 1975 pour sensibiliser à la protection de l’ours et améliorer l’indemnisation des dégâts causés aux éleveurs et bergers, tout en leur fournissant des aides logistiques, telles que des héliportages et des liaisons radio. Le slogan du FIEP, « Pour que l’ours et le berger puissent vivre ensemble dans les Pyrénées », illustre cet objectif.
En 1983, le Groupe Ours associatif national a été créé pour mutualiser les efforts de protection. En 1984, des associations ont réussi à obtenir un plan Ours de l’État, visant à rétablir une population viable d’ours dans les Pyrénées, bien que ce plan n’ait pas de valeur juridique et soit considéré comme un document d’intention.
La situation de l’ours dans les Pyrénées demeure un sujet complexe, mêlant enjeux écologiques et intérêts humains, où la cohabitation entre l’espèce et les activités humaines continue de poser des défis.
Source : Document historique sur la protection de l’ours.
