Découverte de 25 débris spatiaux menaçants en orbite géostationnaire
Des astronomes de l’université de Warwick ont identifié 25 fragments inconnus en orbite géostationnaire, selon une étude publiée en juin 2026 dans le Journal of the Astronautical Sciences. Ces débris, mesurant quelques centimètres, étaient jusqu’alors invisibles aux instruments de détection, bien qu’ils croisent l’altitude de fonctionnement des satellites météorologiques et de télécommunications. Leur taille est suffisante pour causer des dommages importants à des engins spatiaux en mission, et leur nombre réel était largement sous-estimé.
Une méthode innovante pour détecter les débris
L’équipe de Warwick a analysé d’anciennes images du télescope Isaac Newton, situé sur l’île de La Palma, aux Canaries. En appliquant un algorithme d’empilement « à l’aveugle », les chercheurs ont réussi à faire ressortir des objets trop faibles pour être détectés individuellement. Ce traitement a permis de rendre visibles des fragments auparavant inconnus, aucun d’eux n’étant enregistré par Space-Track, le registre public de la surveillance spatiale américaine. Les estimations indiquent que certains de ces débris ment entre 5 et 10 centimètres, équivalents à la taille d’une balle de tennis.
Un environnement spatial à risque
L’orbite géostationnaire se situe à 35 786 kilomètres d’altitude, où les objets ne subissent plus de freinage atmosphérique. Contrairement aux débris en orbite basse, qui retombent et se consument en quelques années, les débris géostationnaires peuvent dériver indéfiniment. Les vitesses relatives dans cette zone atteignent plusieurs kilomètres par seconde, rendant les collisions potentiellement dévastatrices. Stuart Eves, coauteur de l’étude, décrit cette région comme un « champ de mines potentiel ».
Nécessité d’un inventaire des débris
Près de 80 % des objets détectés lors de cette campagne ne correspondaient à rien de connu, indiquant que de nombreuses fragmentations ont échappé aux systèmes de surveillance. Les auteurs de l’étude recommandent qu’aucun nouveau satellite ne soit lancé vers cette orbite sans un inventaire préalable des débris existants. L’équipe prévoit de collaborer avec des observatoires en Australie et au Japon pour surveiller la ceinture géostationnaire et fournir une estimation fiable du nombre total de petits fragments présents.
Source : Journal of the Astronautical Sciences
