Iran : des centaines de condamnés à mort en grève de la faim pour faire entendre leur voix à l’étranger
Publié le : 18/07/2026 – 12:32
Alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran semblent s’intensifier, Téhéran renforce sa répression interne. Le recours à la peine de mort de manière massive est un outil courant utilisé par la République islamique pour maintenir un climat de peur. Depuis six jours, des centaines de condamnés à mort sont en grève de la faim dans l’espoir de prévenir l’exécution de leurs codétenus.
Le 13 juillet, six détenus de la plus grande prison d’Iran ont été transférés à l’isolement en vue de leur exécution. Tous ces prisonniers ont été condamnés pour trafic de drogue. Selon Mahmood Amiry Moghaddam, directeur de l’ONG Iran Human Rights, « ils savent que si ces exécutions ont lieu, des centaines d’autres pourraient suivre dans les mois à venir. Ces prisonniers font partie des personnes les plus marginalisées de la société, et leurs exécutions passent inaperçues. C’est une tentative désespérée de faire entendre leur voix à l’étranger. »
En octobre 2025, 1 500 détenus de cette même prison avaient réussi à obtenir une suspension des exécutions pour trafic de drogue. Les autorités avaient promis un amendement de la loi, qui n’a finalement jamais eu lieu. Aujourd’hui, le régime semble déterminé à reprendre les exécutions.
Mahmood Amiry Moghaddam souligne également l’importance de soulever la question de la peine de mort lors des discussions actuelles entre les autorités iraniennes et les pays européens. Il espère qu’un minimum de discussions sur les condamnations à mort pour trafic de drogue pourra avoir lieu, car « il n’y a aucune justification à cela. »
La grève de la faim actuelle s’inscrit dans une campagne plus large observée tous les mardis depuis un an et demi dans 57 prisons à travers le pays.
En parallèle, les défenseurs des droits humains rapportent qu’au moins 50 féminicides ont été recensés en Iran au cours des six derniers mois. Ce chiffre pourrait être bien plus élevé en raison du manque de transparence et de communication dans le pays. Mahmood Amiry-Moghaddam note que la République islamique a récemment durci les peines pour ceux qui échangent des informations avec des organisations de défense des droits humains, rendant difficile pour les victimes de témoigner.
Source : RFI
