45 °C sous les tentes : Israël restreint l’accès des Palestiniens à l’eau et à la fraîcheur en pleine canicule
Beyrouth (correspondance)
À Gaza, la canicule s’intensifie et les conditions de vie deviennent insoutenables. Les Palestiniens, vivant sous des tentes dans une humidité écrasante, peinent à trouver un semblant de fraîcheur. Les températures atteignent 30 °C dès 9 heures du matin, et des témoignages évoquent des températures intérieures de 45 °C dans les tentes, rendant la situation insupportable. Qasem Waleed, un commentateur gazaoui, note que l’été, autrefois saison de joie, s’est transformé en un véritable enfer.
En Cisjordanie, à Ramallah, les températures sont supérieures de 4 °C aux normales saisonnières, selon l’institut météorologique palestinien. Les Palestiniens, encerclés par 700 checkpoints, n’ont plus accès à la mer et souffrent d’une chaleur étouffante due à l’occupation israélienne.
Maladies et épuisement
Les conditions climatiques extrêmes impactent également les équipes médicales sur le terrain, notamment celles de Médecins sans frontières (MSF). Prue Coackley, cheffe de mission adjointe de MSF Belgique, rapporte que le personnel médical vit dans des tentes ou des bâtiments insalubres, accentuant les risques de maladies. Les effets de la chaleur extrême peuvent entraîner une surmortalité, particulièrement parmi les personnes âgées et les jeunes enfants, bien que les chiffres précis restent difficiles à établir.
La Banque mondiale prévoit un réchauffement climatique de 2 °C à Gaza d’ici 2055, ce qui aggravera les conditions de vie et pourrait mener à une baisse de l’immunité de la population.
Accès limité à l’aide humanitaire
Israël ne laisse entrer qu’un tiers des convois d’aide humanitaire prévus par l’accord de cessez-le-feu signé en octobre 2025. Cette situation complique la reconstruction de Gaza, car l’entrée de matériel de construction et de carburants est également bloquée. Omar Sharkir, directeur exécutif de l’organisation de défense des droits humains Democracy for the Arab World Now, dénonce que cette tactique empêche les Gazaouis de se protéger de la chaleur extrême et contribue à rendre la région invivable.
Les bombardements israéliens continuent, avec un bilan de 1 122 morts et 3 599 blessés parmi les Palestiniens depuis le début de ce cessez-le-feu de 275 jours, portant le total à plus de 73 000 morts depuis le 7 octobre 2023, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Écocide et apartheid climatique
Les effets de cette situation ne se limitent pas à Gaza, mais touchent également la Cisjordanie et les citoyens palestiniens d’Israël. Des chercheurs dénoncent un « apartheid environnemental et climatique », où les Israéliens bénéficient de 165 litres d’eau par jour, contre seulement 6 litres à Gaza.
Gabriella Neubert, chercheuse, souligne que cette privation d’accès à l’eau et aux ressources naturelles est utilisée comme une arme de colonisation et de nettoyage ethnique. Elle rappelle que cette tactique s’inscrit dans un « écocide » qui perdure depuis la colonisation britannique au début du XXe siècle.
La situation actuelle à Gaza pose des défis majeurs pour la santé publique et la survie des Palestiniens, exacerbés par une chaleur extrême et un accès restreint à l’aide humanitaire.
Source : Al Jazeera, Médecins sans frontières, Banque mondiale
