En raison des champs magnétiques de la Voie lactée, les étoiles ne devraient pas s’y former. mais alors ?
La formation des étoiles, traditionnellement considérée comme un processus simple d’effondrement gravitationnel d’un nuage de gaz et de poussières, se révèle bien plus complexe. Des recherches récentes indiquent que les champs magnétiques présents dans la Voie lactée, ainsi que dans d’autres galaxies, jouent un rôle significatif dans ce phénomène. Ces champs augmentent en intensité lorsque les nuages se contractent, exerçant ainsi une pression qui peut entraver la formation des étoiles.
Les obstacles à la naissance des étoiles sont multiples. Par exemple, lorsque le gaz est compressé, sa température augmente, entraînant une hausse de la pression interne qui s’oppose à la compression. Cependant, les poussières présentes dans ces nuages aident à évacuer la chaleur en rayonnant dans l’infrarouge, permettant ainsi une certaine forme de régulation thermique.
Moins connu est le fait que les champs magnétiques, en augmentant leur intensité, exercent également une pression qui peut inhiber la contraction des cœurs pré-stellaires, ces zones denses et froides de gaz et de poussières. Une étude récente de l’Université de Kyushu et de l’Institut Max-Planck a mis en lumière des avancées dans la compréhension de ce phénomène. Les chercheurs ont utilisé un télescope de 30 mètres, situé dans la Sierra Nevada espagnole, pour observer le cœur pré-stellaire L1544, à environ 450 années-lumière de la Terre.
Dans ce contexte, le gaz dans ces cœurs est partiellement ionisé, et les ions interagissent fortement avec les champs magnétiques, tandis que les particules neutres le font de manière indirecte. Ce phénomène de diffusion ambipolaire, récemment observé, pourrait être crucial pour comprendre comment la gravité finit par dominer, entraînant l’effondrement gravitationnel et la formation de protoétoiles.
Ces découvertes soulignent l’importance des champs magnétiques dans le processus de formation stellaire, remettant en question les modèles précédemment établis et ouvrant de nouvelles avenues de recherche en astrophysique.
Source : Futura Sciences.
