Réexamen des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs : « On n’a rien résolu du tout », fustige l’Union syndicale de la magistrature
Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l’Union syndicale de la magistrature, a exprimé des doutes quant aux résultats du réexamen des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, lors d’une intervention sur France Inter le 16 juillet 2026. Il a déclaré : « On annonce, en quelque sorte, qu’on a résolu le problème. On n’a rien résolu du tout. » Cette critique fait suite aux chiffres révélés par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, concernant le traitement de ces plaintes après le meurtre de la collégienne Lyhanna.
Cinq semaines après cet événement tragique, le garde des Sceaux a présenté un bilan selon lequel 85 047 plaintes ont été examinées en France, avec près de 1 000 dossiers pédocriminels qualifiés de « prioritaires » et 675 personnes placées en détention. Cependant, Martini a mis en garde contre le risque de communication trompeuse, soulignant que « les flux sont tels que, dans six mois, on se retrouvera avec le même volume de procédures à traiter. »
Une autre critique a été formulée concernant le fait que, pour traiter ces plaintes en urgence, d’autres contentieux ont été mis de côté. Martini a précisé que cela a été rendu possible par l’abandon des autres affaires, illustrant une méthode qui, selon lui, « n’est pas pérenne ». Gérald Darmanin a, de son côté, assuré que les 970 dossiers prioritaires seraient « réglés dans les prochaines semaines » et qu’il allait échanger avec les procureurs généraux pour un suivi plus précis des crimes et délits sexuels sur mineurs.
Source : France Inter
