Loi d'urgence agricole :

Loi d’urgence agricole : Bruno Cardot plaide pour le retour de l’acétamipride

Lundi 20 juillet, le projet de loi d’urgence agricole sera discuté et voté à l’Assemblée nationale. Ce texte, qui inclut la question du retour des néonicotinoïdes, dont l’acétamipride, suscite des débats passionnés. Au sein du gouvernement, les opinions divergent : la ministre de l’Environnement, Monique Barbut, considère cette réintroduction comme « une erreur », tandis que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, adopte une position différente.

Bruno Cardot, agriculteur de betteraves dans l’Aisne, est un fervent défenseur de la réintroduction « temporaire et encadrée » de l’acétamipride et de l’usage de flupyradifurone. Dans une interview accordée à La Matinale de franceinfo, il a exprimé l’urgence de cette me, comparant la situation actuelle à celle d’une équipe de football privée de jouer avec la tête.

Cardot souligne que la santé publique est un enjeu majeur, mais il insiste sur le fait que seule la science doit guider les décisions. Selon lui, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) doivent avoir le dernier mot. Il déplore également une distorsion de concurrence au sein de l’Union européenne, affirmant que les restrictions en France entraînent des importations de produits potentiellement moins réglementés.

Concernant l’acétamipride, Cardot admet tester des alternatives sur sa ferme, telles que l’utilisation de phéromones pour repousser les pucerons, mais il note que leur efficacité est limitée à 40 %. En comparaison, l’acétamipride offrirait une protection presque totale.

Il évoque également le poids économique de la filière betteravière, qui représente environ 50 000 emplois directs et indirects en France, et insiste sur la nécessité d’équilibrer la santé publique avec les réalités économiques.

Enfin, il rappelle que la recherche d’alternatives prend du temps et que des efforts sont déjà en cours, soutenus par un Plan National de Recherche doté de 200 millions d’euros. Cardot conclut en affirmant que la transition vers des méthodes agricoles plus durables est un processus long, nécessitant des adaptations continues.

Source : franceinfo

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