Disparition de Khadidja Bengrine : 22 ans après, l'enquête se poursuit dans le Finistère

Disparition de Khadidja Bengrine : 22 ans après, l’enquête se poursuit dans le Finistère

Disparue à Quimperlé en 2004, Khadidja Bengrine n’a jamais été retrouvée. Malgré de nouvelles fouilles cet été dans le Finistère, le mystère reste entier. L’ancien compagnon de la jeune femme est mis en examen.

Vingt-deux ans après les faits, le mystère demeure. Disparue à l’été 2004 alors qu’elle vivait à Quimperlé (Finistère), Khadidja Bengrine n’a jamais été retrouvée. De nouvelles fouilles ont été menées cet été dans le département, sans permettre de retrouver son corps. L’ancien compagnon de la jeune femme, Philippe Chalony, est aujourd’hui au cœur de l’enquête. Ancien légionnaire, il est mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Il conteste toute implication et affirme que Khadidja Bengrine est partie de son plein gré.

À l’été 2004, Khadidja Bengrine, 21 ans, tient une pizzeria à Quimperlé avec Philippe Chalony, alors âgé de 38 ans. Avant de disparaître, elle contacte sa mère, installée en Haute-Savoie, pour lui annoncer son intention de rentrer. « Philippe m’arnaque, je rentre », lui aurait-elle confié. Ce sera leur dernier échange.

Sa mère signale rapidement sa disparition à la gendarmerie, puis multiplie les démarches auprès de la justice entre 2004 et 2010. À plusieurs reprises, les recherches n’aboutissent pas. Le parquet de Quimper refuse d’ouvrir une enquête, estimant qu’il y a une « absence d’infraction ».

Une enquête est finalement ouverte en 2012, mais selon Philippe Folletet, ancien commissaire ayant contribué à relancer le dossier avec l’association Assistance et recherche de personnes disparues (ARPD), elle est « bâclée ». En juillet 2013, le parquet classe finalement l’affaire sans suite pour « faits non établis ».

La mère de Khadidja poursuit ses démarches et écrit notamment au ministre de l’Intérieur. En 2019, le parquet de Quimper lui répond que le dossier a été détruit. Ce n’est que le 29 juillet 2022, soit dix-huit ans après la disparition, que le parquet du pôle des crimes sériels ou non élucidés de Nanterre reprend l’enquête.

Philippe Chalony a été condamné à douze ans de réclusion criminelle pour des viols répétés sur sa belle-fille mineure. Lors de ce procès, il est décrit comme un homme « autoritaire » et « psychorigide ». Devant la juge d’instruction, la mère de Khadidja affirme être persuadée que Chalony est responsable de sa disparition.

Placé en garde à vue en juin 2023, Philippe Chalony nie toute implication, mais il est mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort. L’enquête reste confrontée à l’absence de corps et de preuves matérielles. Les fouilles menées en 2023, puis de nouveau cet été dans le Finistère, n’ont permis aucune découverte.

Pour l’avocate de la mère de Khadidja, l’absence de corps ne doit pas empêcher un éventuel procès. Début juillet, le parquet de Nanterre a indiqué que « les investigations se poursuivent » et a invité toute personne susceptible de détenir des informations à se manifester.

Source : AFP

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