En Italie, chaleur et sécheresse menaçent un emblème de la gastronomie : la culture des

En Italie, chaleur et sécheresse menacent un emblème de la gastronomie : la culture des « vongole » et des moules

Les pâtes « alle vongole » (avec des palourdes) sont un des plats les plus connus chez nos voisins italiens. Après la menace des crabes bleus, c’est désormais la météo qui impacte la pêche de ces deux coquillages.

Depuis plusieurs semaines, les pêcheurs du delta du Pô, qui sépare la Vénétie et l’Émilie-Romagne, constatent une situation alarmante : des dizaines de kilos de moules mortes s’accumulent au bout de leurs cordes. Davide Vendemmiati, un pêcheur, déclare : « Comme vous pouvez le voir, elles sont toutes ouvertes et le fruit a disparu. Tout est ainsi ! » Les récentes vagues de chaleur ont fait grimper la température de l’eau à 32°C en quelques heures.

Il y a quelques jours, Vendemmiati et ses collègues ont perdu 100 tonnes de moules de Scardovari AOP, mettant un terme à leur récolte. « De façon aussi radicale, c’est la première fois que ça nous arrive », témoigne-t-il. Les pertes financières pour certains pêcheurs s’élèvent jusqu’à 250 000 euros.

Ces températures record ont également gravement affecté les vongole. À Goro, d’où provient la moitié de la production nationale, les palourdes sont étouffées par les algues qui prolifèrent avec la chaleur. Alex Mantovani, un autre pêcheur, explique que le sable, habituellement fertile, devient sombre et perd de l’oxygène à cause des algues. « Pour oxygéner les quelques palourdes qu’il nous reste, on essaie de les bouger à la main », ajoute-t-il.

À Goro, 90 % de la production a disparu ces dernières semaines. Le réchauffement climatique a déjà coûté cher à la communauté des pêcheurs, qui a investi 30 millions d’euros au cours des vingt dernières années pour maintenir cet écosystème. Vadis Paesanti, vice-président de la confédération des coopératives d’agroalimentaires et pêches d’Émilie-Romagne, souligne : « Nous n’en pouvons plus ! 400 travailleurs indépendants ont déjà dû mettre fin à leur activité. »

En parallèle, la sécheresse frappe le plus grand fleuve d’Italie, menaçant des milliers d’hectares de culture dans la plaine du Pô, considérée comme l’une des plus productives de la péninsule.

Source : France 2

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