A-t-on détecté une collision planétaire autour d’une étoile lointaine ?

A-t-on détecté une collision planétaire autour d’une étoile lointaine ?

Le télescope spatial Gaia, en orbite depuis 2013, pourrait avoir observé sa première collision planétaire. Ce satellite, qui cartographie avec une précision inédite la position et la luminosité de près de deux milliards d’étoiles, a révélé des événements exceptionnels. Lors d’une alerte photométrique, Andy Tzanidakis de l’université de Washington et son équipe ont identifié un comportement atypique chez une étoile de type F, similaire à notre Soleil dans sa jeunesse, dont l’accompagnement planétaire reste incertain. Depuis 2016, la luminosité de l’étoile Gaia20ehk a chuté de manière répétée, avec des diminutions atteignant 25 % en 2021.

Les chercheurs ont d’abord pensé à une variabilité classique, mais des analyses croisées avec les données des observatoires WISE et SPHEREx ont révélé une augmentation du rayonnement infrarouge, suggérant la présence de poussière chauffée autour de l’étoile. Avant l’apparition de ce signal thermique, des occultations quasi périodiques, espacées d’environ 380 jours, avaient déjà été observées. Tzanidakis a noté que « des structures passent devant l’étoile, puis une énorme quantité de poussière est injectée dans le système ». Ce nuage se situerait à environ 1,1 unité astronomique, dans une région propice à la formation de planètes rocheuses. Avec une température d’environ 900 K et une masse minimale de 10^20 kilogrammes, l’équipe suggère qu’il pourrait être le résultat d’une collision de deux planétésimaux massifs, un scénario évoquant la formation de la Lune suite à l’impact entre la Terre et un corps de la taille de Mars, nommé Théia.

D’autres indices de collisions planétaires ont été relevés, comme le cas d’Asassn-21qj et son flash infrarouge observé en 2023. Cependant, plusieurs scénarios alternatifs sont à l’étude, notamment une désintégration cométaire ou un disque protoplanétaire actif, mais aucun ne semble expliquer l’ensemble des observations. Tzanidakis conclut que « le scénario collisionnel reste le plus cohérent ».

Les prochaines étapes d’observation sont cruciales. Le télescope spatial JWST pourrait analyser la composition des poussières et leur refroidissement, tandis que l’observatoire au sol Vera C. Rubin pourrait détecter d’autres événements similaires à grande échelle. Si cette observation se confirme comme une collision planétaire, cela pourrait indiquer que de tels phénomènes sont plus fréquents qu’initialement supposé.

Source : Pour la Science

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