La vigne subit la violence du dérèglement
Les vendanges en Occitanie débuteront pour la quatrième année consécutive avec plusieurs semaines d’avance. Les premières grappes devraient être récoltées dès la mi-août, un changement de calendrier qui pousse les vignerons à s’adapter face aux effets du dérèglement climatique.
Dans sa parcelle de Talairan (Aude), Ludovic Roux, président de la Chambre d’agriculture de l’Aude, annonce que « la récolte des raisins devrait commencer dès la mi-août, soit avec une quinzaine de jours d’avance ». Ce phénomène est attribué au dérèglement climatique qui perturbe le cycle végétatif des cépages. Les variétés comme le Caladoc, le Grenache Blanc et la Syrah atteignent déjà une maturité précoce, conséquence d’un hiver pluvieux et doux.
Jean-Marie Fabre, vigneron à Fitou et président du syndicat des Vignerons Indépendants de France, confirme : « Le cycle végétatif de la vigne reste le même. Si la grappe se développe plus tôt, la récolte arrive elle aussi plus tôt. »
Un phénomène en évolution
Ce décalage n’est pas nouveau. Selon Fabre, « depuis une dizaine d’années, les vendanges s’organisent de plus en plus tôt », coïncidant avec une augmentation des températures mondiales. L’Institut de recherche sur l’impact du climat de Potsdam indique que la température moyenne mondiale a augmenté d’environ 0,35 degré depuis 2015, par rapport à 0,20 degré par décennie depuis 1970.
Laurianne Tournier, productrice de Grenache à Trouillas, souligne que la répétition des événements climatiques extrêmes, tels que le gel, la grêle, la sécheresse et les canicules, complique la situation. « Avant, on en avait moins d’aléas climatiques. On vendangeait donc plus tard », se remémore-t-elle.
Impact sur la production
Les conditions climatiques de cette année, marquées par trois vagues de canicule en moins de trois mois, pourraient entraîner des pertes de production pouvant atteindre 25 % dans certaines exploitations. Roux précise que, bien que la qualité du vin ne soit pas nécessairement affectée, la quantité de rouge disponible pourrait l’être.
Face à cette situation, les vignerons expriment le besoin d’aides publiques, qu’elles soient régionales ou nationales, pour faire face aux défis croissants imposés par le climat.
Les solutions envisagées incluent une gestion plus efficace de l’eau et l’installation d’ombrières pour protéger les grappes de la chaleur excessive.
Conclusion
La vigne en Occitanie fait face à une réalité difficile, exacerbée par le dérèglement climatique. Les vignerons doivent s’adapter rapidement à des changements qui impactent non seulement le calendrier des vendanges, mais aussi la viabilité de leurs exploitations.
Source : Midi Libre
