Mission Tara : cinq choses à savoir sur « l’ISS des glaces » qui part explorer le pôle Nord

Mission Tara : cinq choses à savoir sur « l’ISS des glaces »

Lorient sera ce week-end le point de départ d’une mission d’exploration scientifique inédite. Dimanche 19 juillet, depuis le ponton de la découverte, les habitants et les touristes pourront assister au départ de la station polaire Tara, qui voguera bientôt au cœur de l’océan Arctique. Ce laboratoire flottant, qui ressemble à une soucoupe spatiale, devrait atteindre la banquise en septembre prochain, après un mois de navigation et deux escales en Norvège. Les scientifiques à bord étudieront l’un des environnements les plus extrêmes de notre planète : la banquise de l’Arctique, pendant plus d’un an.

1. 110 tonnes d’aluminium

La Tara Polar Station a été construite à Cherbourg au sein des Constructions mécaniques de Normandie (CMN). Il s’agit d’une base scientifique flottante de 26 mètres de long pour 16 mètres de large. Sa construction a nécessité 110 tonnes d’aluminium et 27 km de câbles. Conçue pour être prise dans la banquise, elle doit résister à des températures allant jusqu’à -52 °C. Sa coque ovale permet à la station d’être soulevée par la glace plutôt que d’être broyée.

2. 18 mois de mission en suivant le courant transpolaire

Baptisée Tara Polaris I, la mission est prévue pour une durée de 18 mois. La dérive sur la banquise, sous l’effet du courant transpolaire, devrait durer entre 350 à 500 jours, à une vitesse moyenne de 10 km par jour. La station sera entraînée depuis le côté sibérien de l’océan Arctique vers le détroit de Fram, entre le Groenland et le Svalbard.

3. 12 à 18 personnes embarquées

Le navire embarquera douze personnes en hiver et dix-huit en été, dont six scientifiques, des marins et des médecins. Les volontaires devront faire face à des conditions extrêmes, notamment des températures moyennes de -25 °C. Ils seront également accompagnés de deux chiens pour prévenir la présence d’ours polaires.

4. Dix expéditions prévues jusqu’en 2045

Cette expédition n’est que la première d’une série de dix missions prévues entre 2026 et 2045. Au total, 30 centres de recherche de 12 pays sont associés à ce projet, qui se concentrera sur la recherche fondamentale en biologie et l’étude du changement climatique. Les chercheurs meront l’évolution de l’épaisseur de la banquise, ses propriétés et sa température.

5. Une mission avec des contraintes géopolitiques

La station dérivera depuis le nord de la Russie, où les scientifiques s’abstiendront de faire des relevés acoustiques en raison de contraintes de défense. Cette restriction est en place pour éviter des complications dans une zone proche de la péninsule de Kola, où se trouve la Flotte du nord de la Russie.

Source : La Croix

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