Moins coûteux qu’un mégafeu : des viticulteurs des Pyrénées-Orientales militent pour des ceintures agricoles pare-feu

Après un incendie dévastateur ayant ravagé près de 5 000 hectares dans le secteur d’Ille-sur-Têt, des viticulteurs des Pyrénées-Orientales ont subi jusqu’à 90 % de pertes de récolte. En réponse à cette catastrophe économique, ils s’unissent avec des élus et des acteurs du tourisme pour promouvoir une solution traditionnelle : les ceintures agricoles pare-feu.

Sur les hauteurs de Rodès, les vignes ont été anéanties par l’incendie de Trévillach, qui a touché 180 exploitations agricoles, incluant 165 hectares de vergers, 146 hectares de vignes et 98 hectares de prairies. Dans certaines zones, la vendange de 2026 est complètement perdue, avec des pertes de production dépassant 80 %.

Fabrice Rieu, président du syndicat du commerce des Vins du Roussillon, souligne l’importance d’une ceinture agricole bien entretenue, affirmant : « Si on avait eu une véritable ceinture agricole, pare-feu universel, entretenue par des éleveurs, des arboriculteurs et des viticulteurs, peut-être que tout cela aurait évité ce drame humain et économique. »

L’idée de ceintures pare-feu n’est pas récente et a prouvé son efficacité lors de l’incendie de Cerbère, où une vigne entretenue a protégé des habitations. Toutefois, trois ans plus tard, aucune avancée n’a été réalisée. Romuald Peronne, président du syndicat du Cru Collioure-Banyuls, note les difficultés de financement, indiquant qu’il faut une mobilisation d’acteurs publics et privés.

La nouvelle maire de Banyuls, Aurélie Maillols, partage cette vision. Elle affirme que les coûts d’investissement pour ces ceintures seront toujours inférieurs aux dépenses engendrées par un mégafeu. Elle rappelle également que l’Europe, à travers la PAC, dispose de fonds pour l’entretien environnemental des territoires.

Paul Bessoles, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air des Pyrénées-Orientales, insiste sur la nécessité d’agir rapidement pour protéger l’avenir du tourisme dans la région. L’ensemble des acteurs concernés se donne moins d’un an pour faire avancer ce projet.

Source : France 3 Régions.

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