Harcèlement raciste : la famille de Joris, 21 ans, appelle à témoigner après son suicide

Le corps sans vie de Joris Laurencin, 21 ans, a été découvert le 13 juillet près de son domicile à Châtonnay, dans le Nord-Isère. Selon son entourage, le jeune homme aurait mis fin à ses jours après avoir subi des insultes racistes pendant de longs mois. La famille lance un appel à témoins pour éclaircir les circonstances entourant cet acte tragique.

« Aujourd’hui, notre famille est brisée », déclarent ses proches sur les réseaux sociaux, partageant une affiche rouge présentant le jeune homme au sourire timide. Ils cherchent des témoins de la vogue de Saint-Jean-de-Bournay, qui a eu lieu le 30 juin dernier, deux semaines avant le décès de Joris.

Son oncle, sous couvert d’anonymat, précise que Joris se plaignait fréquemment d’être victime d’insultes racistes, telles que « sale bougnoule » ou « sale arabe ». Le jeune homme, cariste dans l’entreprise de son père, vivait à Châtonnay, un village à 30 kilomètres de Vienne. « Il était sérieux et gentil, économisant pour acheter une maison, son rêve », ajoute son oncle.

La situation aurait commencé à se détériorer lors de la fête des conscrits, une tradition du Nord-Isère. Joris, qui manquait d’amis, a participé à cet événement où il a retrouvé d’anciens camarades. Ce qui a commencé comme des blagues innocentes s’est transformé en humiliations. Un exemple marquant est l’offre d’un t-shirt portant l’inscription « DZ Pagu », signifiant « l’Algérien campagnard », qui a profondément affecté Joris.

Après des mois de harcèlement, Joris a été humilié publiquement à la vogue de Saint-Jean-de-Bournay. Ses proches rapportent qu’il a été traité de « sale arabe » devant une amie, ce qui aurait contribué à sa détresse. Deux semaines plus tard, il a été retrouvé décédé, ayant utilisé une arme à feu appartenant à son père.

Depuis le drame, les parents de Joris croient fermement que son suicide est lié au harcèlement raciste qu’il a subi. Ils ont déposé une plainte pour harcèlement aggravé par le suicide auprès de la gendarmerie de Saint-Jean-de-Bournay. L’avocate de la famille, Me Elise Rey-Jacquot, indique que des témoignages commencent à affluer, dont celui d’une femme ayant vu Joris humilié lors de la vogue.

La famille craint que la réputation des personnes impliquées, connues dans cette région rurale, n’entrave l’enquête. L’avocate a demandé que l’enquête soit confiée à une autre brigade de gendarmerie pour garantir son objectivité.

L’oncle de Joris espère que d’autres témoins se manifesteront rapidement, affirmant que la vérité doit être révélée, malgré le contexte politique local.

Source : France 3 Alpes

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