La fusée de Blue Origin a explosé sur son pas de tir : quelles conséquences pour le programme lunaire Artemis ?
Le 28 mai, lors d’un test de mise à feu statique, la fusée New Glenn de Blue Origin a explosé à Cap Canaveral, en Floride. L’incendie a détruit le lanceur et causé d’importants dégâts à la rampe de lancement, sans faire de blessés. Cet incident représente un revers majeur pour l’entreprise fondée par Jeff Bezos, qui ne dispose que de ce type de lanceur pour atteindre l’orbite terrestre.
Bien que la cause de l’explosion ne soit pas encore déterminée, cet événement pourrait avoir des répercussions significatives non seulement pour Blue Origin, mais aussi pour les ambitions lunaires de la NASA. La fusée était en phase de test pour s’asr du bon fonctionnement de ses sept moteurs avant un lancement prévu.
Des incidents similaires, bien que rares, ont déjà eu lieu dans le secteur spatial. En septembre 2016, un lanceur Falcon 9 de SpaceX avait explosé lors d’un test, entraînant un délai de quatre mois pour déterminer les causes de l’accident et plus d’un an pour reconstruire la rampe de lancement. À l’époque, SpaceX avait plusieurs rampes opérationnelles, ce qui lui avait permis de reprendre rapidement ses activités.
Le programme New Glenn de Blue Origin a été marqué par des difficultés, avec seulement un lancement réussi sur trois jusqu’à présent. Le test de mise à feu aurait dû préparer un lancement qui transportait des satellites pour Amazon. Les dégâts causés par l’explosion affectent non seulement la fusée, mais aussi l’infrastructure de lancement.
Ce revers compromet les projets futurs de Blue Origin, notamment le lancement de l’atterrisseur lunaire Blue Moon, dont un vol était prévu cet automne pour la NASA. La rampe de lancement endommagée est la seule opérationnelle de l’entreprise, et une seconde rampe en construction ne sera pas prête à temps pour éviter des retards.
Les conséquences pour le programme Artemis de la NASA pourraient être significatives. La mission Artemis-3, qui doit tester des systèmes d’atterrissage lunaire, est désormais prévue pour 2027. La NASA avait prévu d’utiliser des atterrisseurs de Blue Origin pour ces missions, mais l’incapacité de l’entreprise à lancer dans un avenir proche pourrait compromettre cette planification.
Si SpaceX parvient à finaliser son système d’atterrissage Starship à temps, la NASA pourrait se tourner vers cette solution, mais des retards pourraient également entraîner un report d’Artemis-3 à 2028.
Cet incident rappelle les défis inhérents à l’exploration spatiale, où le succès ne peut jamais être pris pour acquis.
Source : The New York Times, Ars Technica, NASA