L’Iran riposte aux frappes américaines en visant ses voisins

(Téhéran) Les États-Unis ont bombardé l’Iran dans la nuit, et Téhéran a riposté samedi en visant ses voisins, notamment une centrale électrique et de dessalement au Koweït.

La veille au soir, un conseiller du guide suprême iranien avait menacé d’entrer dans une « phase d’offensive totale » si les frappes américaines se poursuivaient au-delà de « deux-trois jours ». Téhéran a ciblé des infrastructures civiles au Koweït pour le deuxième jour consécutif, alors que son armée avait principalement visé des bases américaines depuis la reprise des hostilités qui ont fait voler en éclat le protocole d’accord du 17 juin.

Selon les autorités koweïtiennes, les frappes ont gravement endommagé un site pétrolier, provoquant un incendie et l’arrêt de plusieurs unités de production dans une centrale électrique et de dessalement d’eau, une autre installation similaire ayant déjà été touchée la veille.

Les autorités ont condamné « le ciblage répété de ces installations vitales », révélant selon elles « une démarche hostile systématique » de ces infrastructures essentielles, mettant en danger la vie et la sécurité des civils. En Iran, bombardé à nouveau pendant la nuit, le ministre des Routes et du développement urbain, Farzaneh Sadegh, a accusé « l’ennemi » de viser « les voies de communication et de transit du pays » pour l’isoler du monde.

Les autorités locales d’Hormozgan ont affirmé que les attaques américaines avaient « complètement détruit » une station de pompage d’eau de mer et un transformateur électrique d’une usine de dessalement. L’armée américaine a déclaré avoir attaqué en Iran « des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des moyens maritimes », sans mentionner de cibles civiles.

L’ONU avait jugé « inacceptables » ces attaques d’infrastructures civiles, qui marquent une nouvelle intensification du conflit. L’Iran a accusé les États-Unis d’avoir bombardé son réseau électrique, des ponts et des infrastructures de télécommunication, qualifiant ces actions de « crimes de guerre ».

Les attaques se multiplient dans la région depuis la reprise du conflit le 7 juillet, d’une ampleur sans précédent depuis le cessez-le-feu conclu en avril pour mettre fin à la guerre déclenchée par l’offensive israélo-américaine sur l’Iran fin février. Les frappes mutuelles sont désormais quotidiennes, avec des incidents maritimes en série, principalement dans le détroit d’Ormuz.

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont prévenu que les frappes « se poursuivront jusqu’au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d’Ormuz ». Près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures transitait par ce détroit stratégique avant la guerre. L’Iran le verrouillant à nouveau, les États-Unis ont réimposé le blocus des ports iraniens qui avait été levé par le protocole.

Les Gardiens ont annoncé avoir « stoppé » à coup de drones et de missiles quatre navires tentant de franchir sans leur autorisation le détroit, où, selon Téhéran, deux pétroliers ont sauté sur des mines. Le Commandement de l’armée américaine pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a démenti ces affirmations.

Dans la foulée de l’attaque sur le Koweït, la compagnie aérienne nationale a annoncé le report de la plupart de ses vols « en raison de la suspension temporaire du trafic aérien à l’aéroport international du Koweït à la suite des attaques de roquettes et de drones consécutives à l’agression iranienne ». La Jordanie a également été visée, et ailleurs dans le Golfe, des explosions ont été entendues à Manama (Bahreïn), l’armée indiquant avoir intercepté une nouvelle vague d’attaques iraniennes.

Source : Agence France-Presse

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