« On verra qui est avec nous ou pas » : La France insoumise face à la diabolisation

Si Jean-Luc Mélenchon a plaidé l' »erreur » pour avoir mal prononcé le nom de Raphaël Glucksmann, les relations entre La France insoumise (LFI) et ses anciens partenaires, ainsi que les médias, restent tendues. La réconciliation entre ex-alliés du Nouveau Front populaire semble difficile en vue des élections municipales.

Interrogé le 3 mars sur ses excuses, un cadre du bloc central a déclaré : « Il sait très bien ce qu’il fait… C’est du pipeau ! » La veille, Mélenchon avait évoqué une « erreur » après avoir écorché le nom de Glucksmann lors d’un meeting à Perpignan. Ce passage lui a valu d’être de nouveau accusé d’antisémitisme, accusation qu’il rejette fermement. « J’en suis le premier désolé, pensant à ceux que cela blesse. Je retiens la leçon. On ne m’y reprendra pas, » a-t-il promis.

Ces excuses représentent un rare pas de côté pour Mélenchon, alors que le fossé se creuse entre LFI et le reste du spectre politique. Plutôt qu’un fossé, les élus insoumis invoquent un imaginaire révolutionnaire. « Nous sommes derrière la barricade pour faire front et il n’y a que deux côtés de la barricade contre le fascisme, » a déclaré Anaïs Belouassa-Cherifi, députée et candidate LFI aux municipales à Lyon. Elle a ajouté : « Cette élection va clarifier les choses au niveau local et national, on verra qui est avec nous ou pas. »

À moins de deux semaines des élections municipales et à un an de l’élection présidentielle, les tensions avec les anciens alliés du Nouveau Front populaire se sont intensifiées. Raphaël Glucksmann a qualifié Mélenchon de « Jean-Marie Le Pen de notre époque, » soulignant le mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l’extrême droite française.

Place publique, le parti de Glucksmann, appelle désormais à ne plus jamais s’associer avec LFI, une position partagée par certains membres du Parti socialiste. Dans une résolution adoptée à l’unanimité, le PS a fustigé l’attitude de Mélenchon, l’accusant de « caricatures complotistes et propos antisémites intolérables. » Mélenchon a réagi en dénonçant ces accusations comme « intolérables. »

LFI, qui a célébré ses dix ans, critique de plus en plus les médias traditionnels, dénonçant une couverture jugée déséquilibrée de l’agression mortelle d’un militant identitaire à Lyon. Jean-Luc Mélenchon a récemment tenu une conférence de presse avec des « médias numériques alternatifs, » affirmant que « ce sont les médias qui ont un problème avec moi. »

Ces tensions surviennent alors que LFI présente ses propres listes dans de nombreuses villes, avec une concurrence frontale au premier tour face à ses rivaux écologistes et socialistes. Thomas Portes, député LFI, a précisé : « Ce n’est pas de la rupture pour de la rupture, mais on a besoin de refonder un nouveau modèle qui passe par de la rupture. »

Dans ce contexte, la réconciliation à gauche en vue du second tour se complique. La secrétaire nationale des Écologistes a averti que des conditions seraient posées avant d’envisager un accord de second tour avec LFI. Le PS a affirmé qu’il n’y aurait pas d’accord national en raison de l’inquiétante dérive de la direction de LFI.

Les relations entre LFI et ses anciens alliés ainsi que les médias continuent de se détériorer, rendant la situation politique encore plus complexe à l’approche des élections municipales.

Source : Franceinfo

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