Rivières à sec : la sécheresse et la canicule mettent en péril la faune aquatique
Depuis deux mois, les rivières et cours d’eau du Languedoc et du Roussillon souffrent de la sécheresse et de la chaleur. Les niveaux d’eau sont en baisse, les débits sont très restreints, perturbant ainsi la vie de la faune aquatique. Certaines espèces de poissons disparaissent, tandis que d’autres tentent de s’adapter dans des conditions de vie de plus en plus précaires.
L’année 2026 est marquée par une situation climatique paradoxale. L’hiver a été particulièrement pluvieux, notamment dans l’Aude, mais le printemps a été anormalement sec et chaud, suivi d’un été où la canicule s’est installée de manière précoce et prolongée. Depuis 2024, les journées dépassant les 40°C se multiplient, un phénomène qui, autrefois exceptionnel, devient désormais courant. Ces changements affectent surtout les petits cours d’eau, qui, malgré une recharge hivernale significative, s’assèchent rapidement en raison d’une réserve d’eau insuffisante et d’une évapotranspiration accrue.
Selon le réseau Onde, observatoire national des étiages, fin juin 2026, 16% des rivières en France étaient à sec, et 10% présentaient un écoulement « non visible ». Les départements méditerranéens sont les plus touchés, avec 10 à 20% des cours d’eau à sec, contre 5 à 10% en moyenne sur l’ensemble du territoire. Dans l’Aude, ce chiffre atteint des niveaux records de 22%.
Adrien Arazo, directeur de la Fédération de pêche de l’Aude, souligne la gravité de la situation : « Plus que la température de l’eau, ce qui est préoccupant, c’est l’assèchement de certains cours d’eau à cette période, alors qu’il reste encore deux mois d’été. » Les départements méditerranéens sont particulièrement vulnérables, et les petits cours d’eau, souvent soumis à des pressions humaines comme l’irrigation, voient leur débit diminuer, parfois jusqu’à l’assèchement total.
Les espèces aquatiques subissent également des transformations. La truite fario et le chabot commun, qui préfèrent les eaux fraîches, deviennent de plus en plus rares. En revanche, des espèces comme les chevesnes et les écrevisses américaines, qui prospèrent dans des eaux plus chaudes et stagnantes, prennent le dessus.
Face à cette crise, les préfets imposent des restrictions d’usage de l’eau, adaptées à l’état des bassins versants et aux prévisions météorologiques. Le bassin versant de l’Aude, de la Berre et du Rieu, en raison de son climat méditerranéen et de son hydrologie complexe, est particulièrement touché.
La Fédération de pêche de l’Aude, qui regroupe près de 11 000 pêcheurs, milite pour maintenir des étiages viables dans les rivières à risque. Adrien Arazo avertit : « Dans les années à venir, le risque d’assèchement des cours d’eau critiques est de plus en plus important, menaçant la biodiversité aquatique. »
Source : France3 Régions
