TÉMOIGNAGE.

« Je dois être remplacée par au moins deux médecins » : le témoignage d’une médecin face à la désertification médicale

Le docteur Élisabeth Bachelard, médecin généraliste engagée dans le Couserans, exprime une inquiétude croissante face à la désertification médicale qui touche la ruralité. Lors d’une réunion à Montjoie-en-Couserans, elle a déclaré : « Je vais le dire honnêtement : je fais peur à mes équipes, à ma famille et à mes mairies. » Cette affirmation résume l’épuisement et la pression qu’elle ressent dans un contexte où l’accès aux soins est de plus en plus limité.

À 57 ans, Élisabeth Bachelard incarne les efforts des professionnels de santé pour maintenir un service médical dans un territoire en difficulté. Elle travaille sans relâche, 24 heures sur 24, 365 jours par an, et admet ne pas avoir de perspective de vacances. « Je fume comme le pompier que je suis », confie-t-elle, témoignant ainsi de la pression constante qui pèse sur elle.

La désertification médicale est un sujet préoccupant pour les élus locaux. En effet, selon l’Agence régionale de santé, près d’un Ariégeois sur dix n’a pas de médecin traitant. Cette situation souligne l’urgence d’un changement, car le maintien d’un seul médecin dans ces zones est devenu un défi insurmontable.

Élisabeth Bachelard, présidente de la Communauté professionnelle territoriale de santé Ariège-Pyrénées, estime que son travail est devenu inhumain. « Oui, je dois être remplacée par au moins deux médecins », affirme-t-elle, reconnaissant que la charge mentale qu’elle porte aujourd’hui serait insoutenable pour de jeunes praticiens. Elle souligne également l’importance de préserver la vie personnelle des futurs médecins, s’opposant à une culture de l’absentéisme familial.

Le témoignage du docteur Bachelard met en lumière les défis auxquels font face les professionnels de santé en milieu rural. La recherche de médecins dans ces zones est un enjeu crucial, et les communes doivent s’unir pour trouver des solutions durables. « Le but, ce n’est pas de chercher un médecin tous les quatre matins », conclut un maire présent lors de l’assemblée.

Source : La Dépêche du Midi

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