Politique d’adaptation : dire la nécessité, dire les possibles
La nécessité et la possibilité sont, au sens philosophique, deux modalités de l’être que l’on définit classiquement comme suit : est nécessaire, ce qui ne peut pas ne pas être ; au contraire, est possible ce qui peut ne pas être. La récente canicule, tout comme celles que nous avons déjà connues et celles qui suivront, nous affecte comme un événement nécessaire. Nous vivons en effet la canicule comme ce qui ne peut pas ne pas être subi. Impossible d’y échapper.
Cet aspect nécessaire de l’événement augmente le caractère insupportable de la situation : la canicule nous impose de vivre dans des conditions étouffantes que nous ne pouvons que souhaiter éviter. Elle constitue un modèle de ce qui est indéniablement réel et de ce dont on doit constater la force.
De fait, la canicule entraîne des conséquences tangibles : des décès, des souffrances, un ralentissement des activités économiques, des pannes d’électricité, des arrêts de réacteurs nucléaires, des dilatations des rails et des incendies dans les champs de céréales. Ces effets perturbent le fonctionnement social. En raison de son impact, la canicule modifie également les discours qui l’entourent. Les voix minimisant l’ampleur de l’événement se heurtent à une réaction publique croissante.
Les discussions autour de l’adaptation aux événements climatiques deviennent cruciales. Les pouvoirs publics doivent prendre en considération les implications de leurs actions et la nécessité de réorganiser la société pour faire face à ces défis. La politisation des questions climatiques, comme le souligne le journal Libération, est devenue une nécessité pour garantir une réponse adéquate.
Source : Philippe Éon, AOC Media.
