Hausse du minerval: comment les universités revoient leurs aides sociales

Hausse du minerval : les universités francophones révisent leurs aides sociales

Face à la réforme du minerval instaurée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, les universités francophones adaptent leurs dispositifs d’aide pour soutenir les étudiants les plus vulnérables. Critères élargis, budgets renforcés et accompagnement individualisé : chaque établissement ajuste sa stratégie pour atténuer l’impact de l’augmentation des droits d’inscription.

La hausse du minerval à 1.194 euros constitue la me la plus manifeste de cette réforme adoptée en juin dernier. Dès la rentrée académique 2026-2027, quatre catégories de minerval sont mises en place : un taux boursier à zéro euro, un taux de condition modeste à 374 euros, un taux de condition intermédiaire à 835 euros et un taux plein fixé à 1.194 euros, représentant une augmentation d’environ 43 % pour ceux ne bénéficiant d’aucune réduction. Les demandes doivent être soumises entre le 1er juillet et le 31 octobre 2026 auprès de la Direction des allocations d’études (DAE), guichet unique traitant les dossiers par ordre chronologique. Les universités ne reçoivent aucun financement supplémentaire de la Fédération pour compenser l’impact budgétaire de cette réforme.

Des dispositifs « maison » révisés

Les universités avaient déjà mis en place des systèmes de réduction du minerval pour les étudiants ne répondant pas aux critères fédéraux. « Ces dispositifs existent depuis une vingtaine d’années », rappelle Claire Sourdin-Lainé, adjointe à la direction du Département des services à la communauté de l’ULB. La réforme impose néanmoins leur évolution.

À l’ULB, l’université absorbe la hausse pour les étudiants déjà soutenus par son service social, leur permettant de continuer à payer entre 325 et 835 euros. Un soutien exceptionnel sera également offert aux étudiants dont le revenu est juste au-dessus des plafonds fédéraux, limitant leur minerval à 835 euros.

D’autres universités, comme l’ULiège, ont recalibré leurs critères d’attribution. « On prend en compte des situations que la DAE ne peut pas toujours considérer, comme un décès dans la famille ou une modification brutale de la composition du ménage », précise Dominique Duchateau, directrice de l’administration des affaires étudiantes.

L’UCLouvain maintient son taux social à 374 euros, tout en relevant les plafonds de revenus d’accès à cette aide. Sophie Van Malleghem, directrice de l’administration de la vie étudiante, anticipe une augmentation de 10 % des demandes.

Des moyens variés pour un même but

Adapter ces dispositifs nécessite des ressources financières, et les universités ne partent pas toutes avec les mêmes marges. L’UCLouvain a débloqué 400.000 euros supplémentaires pour son taux maison, tandis que l’ULB annonce une enveloppe initiale de 500.000 euros, avec la possibilité de réévaluer cette somme si les besoins augmentent.

L’UMons, quant à elle, n’a pas fixé de montant, préférant suivre l’évolution des demandes. De son côté, l’UNamur n’a pas établi d’enveloppe, anticipant des mouvements contradictoires difficiles à évaluer.

Au-delà du minerval, plusieurs services prévoient une augmentation des aides liées au coût de la vie étudiante, notamment pour compenser la perte de revenus des étudiants travaillant pendant le blocus.

Une réforme à l’incertitude marquée

Les universités admettent avancer dans un contexte incertain. La Fédération Wallonie-Bruxelles aspire à ce qu’un étudiant sur deux bénéficie d’une réduction de minerval. Cependant, Sophie Van Malleghem souligne qu’il faudra au moins une année académique pour vérifier si cette promesse se concrétise.

L’UMons, avec une proportion plus élevée de boursiers, s’attend à des complications budgétaires. À l’ULB, une inquiétude palpable se fait déjà ressentir. Vincent Gengler de l’UNamur nuance toutefois cette inquiétude, prévoyant un impact limité pour l’année 2026, en raison d’un traitement échelonné des dossiers par la Fédération.

Les universités ajustent leurs dispositifs avant l’application complète de la réforme, mais il reste à déterminer leur capacité à soutenir tous les étudiants touchés par ce nouveau système.

Source : Fédération Wallonie-Bruxelles

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