Le gouvernement veut baisser le prix du paracétamol, les professionnels inquiets pour le développement du

Le gouvernement envisage une baisse du prix du paracétamol, suscitant l’inquiétude des professionnels

Le 17 juillet 2026, le gouvernement a annoncé son intention de réduire le prix du paracétamol de 10 centimes par boîte, une décision qui pourrait permettre d’économiser environ 30 millions d’euros par an pour la Sécurité sociale. Actuellement, le prix d’une boîte de Doliprane, Efferalgan ou Dafalgan est de 2,18 euros, rapportant 76 centimes d’euros hors taxes aux laboratoires.

Cette initiative, bien qu’aucune conséquence financière ne soit attendue pour les consommateurs, ne fait pas l’unanimité parmi les fabricants et les pharmaciens. Les représentants des laboratoires français se réuniront la semaine prochaine avec le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, pour discuter de cette me. Les pharmaciens, de leur côté, expriment des inquiétudes quant à la réduction de leurs marges sur chaque boîte vendue.

Dans le Lot-et-Garonne, des élus ont adressé un courrier au Premier ministre, alertant sur les potentielles répercussions de cette décision sur les 1 600 emplois du site de production d’Upsa, où sont fabriquées les boîtes d’Efferalgan et de Dafalgan. Un acteur clé du secteur a déclaré que cette baisse de prix pourrait fragiliser les projets de production locale de paracétamol, un objectif que le président Emmanuel Macron avait fixé après la pandémie de Covid-19, visant à renforcer la souveraineté nationale dans le domaine pharmaceutique.

La France dépend encore largement des importations pour ses principes actifs, avec près de 80 % des médicaments vendus en Europe contenant des substances provenant d’Inde ou de Chine. Deux laboratoires, Opella et Upsa, ont investi 140 millions d’euros pour relocaliser la production de paracétamol, soutenus par l’État à hauteur de 70 millions d’euros. Pourtant, produire en France reste 60 % plus coûteux qu’en Asie, ce qui soulève des questions sur la viabilité de cette stratégie si le prix du paracétamol est abaissé.

Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, a exprimé des préoccupations quant à la souveraineté sanitaire du pays et à la disponibilité future des médicaments, soulignant que cette décision pourrait également aggraver la situation financière des officines déjà en difficulté.

Source : France Inter

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