Dette cachée : L'économiste Souleymane Bah relève les failles du contrôle du FMI et de la BCEAO

Dette cachée : Souleymane Bah interpelle sur les failles du contrôle du FMI et de la BCEAO

Dans une note de politique publique publiée par IDEAS-Africa Network (IDAN), l’économiste Souleymane Bah attire l’attention sur les limites des dispositifs internationaux de surveillance de la dette souveraine, en particulier ceux du FMI et de la BCEAO. Il souligne que la crise de la dette cachée du Sénégal met en lumière la nécessité d’instaurer une responsabilité partagée entre les autorités nationales et les institutions financières internationales pour prévenir de futures dérives.

La crise de la dette cachée au Sénégal a soulevé des questions sur les mécanismes de contrôle des finances publiques. Bah note que les dysfonctionnements ayant permis la dissimulation de milliers de milliards de francs CFA de dette ne sont pas uniquement le fait des anciennes autorités sénégalaises. En effet, le pays a accumulé, entre 2019 et 2024, une dette souveraine non déclarée de 13,3 milliards de dollars, soit environ 8 100 milliards de francs CFA, représentant près de 25 % du PIB, malgré une surveillance étroite du FMI dans le cadre d’un programme de financement approuvé en 2023.

Bah critique également les systèmes de surveillance du FMI, de la Banque mondiale et de la BCEAO, qui présentent des failles structurelles. Il évoque le manque de rapprochement des données relatives aux prêts bancaires libellés en francs CFA et le fait que le FMI et la Banque mondiale n’ont pas su exploiter les informations disponibles pour détecter les incohérences.

L’économiste propose quatre réformes majeures pour éviter la répétition de telles crises. La première recommande un rapprochement automatique entre les données des établissements de crédit et celles des États emprunteurs. La deuxième préconise l’intégration d’outils de détection des anomalies statistiques. La troisième vise à instaurer un principe de responsabilité partagée en cas de défaillances de surveillance. Enfin, la quatrième réforme appelle à la mise en place d’un registre public de la dette et à des poursuites contre les responsables des dissimulations.

Bah considère que les fragilités observées dans le cas sénégalais reflètent des problèmes systémiques au sein du cadre international de surveillance de la dette des pays à faible revenu. Plusieurs États, selon lui, présentent des caractéristiques similaires, notamment une forte dette intérieure et une dépendance à des données autodéclarées.

Source : IDEAS-Africa Network

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