Portrait : « Nous sommes le premier recours ! »
Médecin généraliste à Saint-Pierre-de-Trivisy depuis 2020, Pauline Acquier consacre sa carrière à la médecine rurale. Cette approche permet une relation patient-médecin unique, où la polyvalence est essentielle en raison de l’absence de spécialistes à proximité. De plus en plus de jeunes médecins choisissent de s’installer dans des zones rurales, comme en témoigne l’augmentation des généralistes dans la montagne tarnaise.
« Nous sommes le 1er recours, au plus près des patients. On l’oublie, mais le jour où il n’y a plus de généralistes, le système s’effondre. On régule », affirme Pauline Acquier. Située à 45 minutes du premier spécialiste, elle souligne l’importance d’une formation polyvalente. Elle réalise des sutures, des échographies, pose des stérilets et as le suivi de grossesses, ce qui lui permet de diversifier sa pratique.
Pauline Acquier n’avait pas initialement prévu de se tourner vers la médecine générale, étant passionnée par le sport. Cependant, elle a pu concilier ses deux intérêts en devenant médecin au SCA. Son attrait pour la médecine rurale s’est développé lors de son internat dans le nord du Tarn, lui permettant de s’installer à Saint-Pierre-de-Trivisy en octobre 2020.
La pratique de la médecine rurale diffère de celle en milieu urbain, notamment en raison de l’éloignement géographique. Pauline effectue régulièrement des visites à domicile, s’occupant de patients jusqu’à 5 km de Lacaune. En raison des déplacements, elle ne peut voir que huit patients par après-midi. « Il n’y a pas de contrainte, il suffit de lever la tête et je suis émerveillée par le cadre de travail », explique-t-elle.
Les patients, souvent plus âgés, nécessitent un temps d’échange plus long. « On voit leur environnement, cela permet de préparer le maintien à domicile ou de l’anticiper en cas de problème », précise-t-elle. La proximité avec les patients est une caractéristique essentielle de la médecine rurale. Pauline évoque des moments de partage, où des discussions autour d’un café ou de biscuits peuvent prolonger les consultations.
Cinq ans après avoir fait ce choix, elle ne regrette rien. « C’est un métier éprouvant, mais notre rôle est passionnant », déclare-t-elle. En tant que maître de stage, elle transmet sa passion à de futurs médecins, et plusieurs d’entre eux ont déjà choisi de s’installer dans la région. Au cours des trois dernières années, sept généralistes se sont installés sur la montagne tarnaise.
Source : La Dépêche
