Pixel de suivi : Comprendre les récents courriels d’information
Décathlon, SNCF, L’Equipe. Ces derniers jours, de nombreux utilisateurs ont reçu des courriels évoquant un « pixel de suivi ». Beaucoup y voient une fake news, mais il s’agit d’une démarche légale.
Depuis début juillet, le message suivant est courant dans les boîtes mail : « Nous vous informons de l’utilisation d’images et de liens traçants dans nos communications par email, permettant un suivi de navigation. » France Charruyer, avocate à Toulouse spécialisée dans le droit des nouvelles technologies, éclaire sur cette pratique.
Qu’est-ce qu’un pixel de suivi ?
Selon France Charruyer, un pixel de suivi est un outil technique invisible, de la taille d’un pixel, largement utilisé dans les courriels, notamment pour les newsletters. Il permet de déterminer la date et l’heure d’ouverture d’un courriel et de collecter des informations techniques sur l’appareil du destinataire. Les entreprises l’utilisent pour analyser le taux d’ouverture des emails, ajuster le contenu en fonction des intérêts des destinataires, ou encore cesser d’envoyer des messages à des utilisateurs inactifs.
Légalité de l’utilisation
L’utilisation de ces pixels est légale, mais encadrée par la loi Informatique et Libertés et le RGPD. La CNIL a précisé, dans une recommandation du 14 avril 2023, que le consentement préalable de l’utilisateur est généralement requis, sauf pour des usages jugés strictement nécessaires, comme la sécurité d’authentification.
Qui est concerné ?
La recommandation de la CNIL s’applique à la fois aux organismes privés et publics. Si une entreprise utilise une solution commerciale pour envoyer des newsletters, il est probable qu’elle utilise des pixels de suivi, même si elle est de petite taille.
Envoi massif de courriels
L’envoi simultané de ces courriels n’est pas une coïncidence. La CNIL a stipulé que les entreprises devaient informer leurs abonnés de l’utilisation de ces pixels dans un délai de trois mois après la publication de la recommandation. Ce délai expirait le 14 juillet 2023, ce qui explique la vague de courriels.
Que se passe-t-il en cas de refus ?
Le consentement pour les pixels de suivi est distinct de celui pour la réception des courriels. Les utilisateurs peuvent continuer à recevoir des newsletters tout en refusant le traitement de leurs données par ces pixels. Cependant, la CNIL permet de collecter un consentement unique pour des envois personnalisés, mais cela pose des défis techniques pour de nombreux prestataires d’e-mailing.
Cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par les entreprises, surtout les plus petites, pour se conformer aux nouvelles directives de la CNIL concernant l’utilisation des pixels de suivi.
Source : France 3 Occitanie
