Changer d’espace – chronique du 80e festival d’Avignon 2/3
La première semaine du 80e Festival d’Avignon a été marquée par deux événements majeurs : l’intégrale de la Trilogia Cadela Força de Carolina Bianchi à l’Opéra et le spectacle 1, 2, 3 Poquelin du collectif flamand tg STAN, présenté pour la première fois à Avignon dans la Carrière de Boulbon. Ces deux performances se distinguent non seulement par leur durée (10 heures et 4 heures 30 respectivement) mais également par leur approche novatrice de la scène.
Pour accéder à l’ancienne carrière, il faut marcher un quart d’heure sur un chemin poussiéreux. À 21h40, lorsque le fil séparateur se lève, le public, déjà agglutiné depuis plus d’une heure, entre dans l’espace de représentation. La scène se compose d’une plateforme en bois sur des tréteaux, entourée de gradins sur trois côtés, tandis qu’un échafaudage sur le quatrième côté affiche les surtitres en anglais.
Les spectateurs se déplacent à la recherche de leur place, tandis que les huit acteurices du tg STAN s’affairent autour de la scène, préparant leurs costumes et vérifiant les accessoires. Contrairement aux spectacles traditionnels où les changements de décor se font à vue, ici, la scène s’étend au-delà des limites habituelles, créant un espace de vie et de jeu partagé.
Ce dispositif permet au public de pénétrer dans un univers où les loges, les coulisses et la table de répétition sont visibles, abolissant les frontières entre les différents espaces du théâtre. Ce réalisme, caractéristique du tg STAN, reflète un acteur « toujours là », vivant simultanément le moment de jeu et celui de la préparation.
Source : AOC Media.
