Effondrement du pont de Gênes : un ex-dirigeant condamné à 12 ans de prison
Trente-deux accusés ont été condamnés ce jeudi 16 juillet à des peines allant jusqu’à 12 ans de prison ferme dans le procès de la catastrophe du pont Morandi de Gênes (nord-ouest de l’Italie), qui avait fait 43 morts, a annoncé le tribunal de la ville.
Parmi les condamnés, plusieurs anciens cadres de la société d’autoroutes Autostrade per l’Italia (Aspi), gestionnaire du viaduc, se sont vus infliger des peines sévères. Giovanni Castellucci, ancien directeur général d’Autostrade, a écopé de la peine la plus lourde. Reconnu coupable de négligence et d’homicide involontaire, il a déclaré face aux juges : « Je me sens responsable mais pas coupable », malgré les conclusions accablantes des magistrats.
Le drame s’est produit le 14 août 2018, lorsque le pont s’est effondré sous une pluie battante, précipitant dans le vide de nombreux véhicules. Le parquet avait requis un total de plus de 400 ans de prison pour les 57 accusés, incluant des charges d’homicide involontaire et de faux en écriture publique. Le vice-ministre italien des Infrastructures et des Transports, Edoardo Rixi, a salué l’établissement des responsabilités.
La plupart des accusés n’étaient pas présents lors de l’audience. Michele Matti Altadonna, frère d’une des victimes, a exprimé un sentiment de justice : « Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’il existe des coupables pour nos proches assassinés. » Egle Possetti, présidente du comité des victimes, a souligné la perte de confiance envers l’État et le soulagement apporté par le travail de la magistrature.
Cette tragédie a mis en lumière l’état préoccupant des infrastructures de transport en Italie et le rôle d’Autostrade, accusée de négligence dans l’entretien du pont. Bien que les anciens dirigeants soient traduits en justice, les sociétés Autostrade et Spea ont échappé au procès grâce à un accord à l’amiable avec le parquet.
Source : AFP
