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Une odeur qui va perturber les mâles : Saint-Jean lutte contre les chenilles processionnaires au paintball

REPORTAGE. Faire du paintball contre des chenilles processionnaires. C’est l’opération innovante mise en place par les agents municipaux de Saint-Jean, en Haute-Garonne. Ces insectes, particulièrement dangereux pour les humains, surtout les enfants et les animaux, sont responsables de problèmes respiratoires et envahissent les écoles au printemps. Cette approche originale témoigne d’une manière inédite de traiter une situation critique.

Mercredi soir, des agents municipaux ont été aperçus dans les rues de Saint-Jean, au nord-est de Toulouse, armés de pistolets. Toutefois, il ne s’agissait pas d’une partie de paintball, mais d’une opération de lutte contre les chenilles processionnaires du pin. Laurent Choiseau, employé à la mairie, a eu l’idée de cette méthode peu conventionnelle pour faire face à ces insectes nuisibles. Les agents ont ainsi tiré sur trois sites connus pour abriter ces chenilles : l’école Marie-Louise-Dissard, le kiosque chemin de Belbèze et le lac de la Tuilerie.

Les pistolets utilisés ne tirent pas de billes de peinture comme dans le jeu traditionnel. Leur objectif est de perturber les chenilles afin d’empêcher la reproduction des papillons. Les billes contiennent un « produit complètement bio et sans substance chimique » qui diffuse une odeur perturbante pour les mâles, explique Laurent Choiseau. En quête de femelles, les papillons mâles se fatiguent à chercher en vain, créant ainsi une « confusion sexuelle » qui limite leur reproduction.

Cette technique a déjà été expérimentée l’an dernier avec des retours positifs. Cette année, les agents ont été appelés à deux reprises dans les écoles pour enlever des chenilles, une situation bien moins fréquente que par le passé.

Les chenilles processionnaires du pin, très présentes dans la commune, sont reconnues comme nuisibles pour les humains et les animaux. Selon Laurent Choiseau, « les chiens peuvent perdre leur langue, voire mourir étouffés », et les humains, notamment les bébés, risquent des complications s’ils les touchent. Ces chenilles possèdent des poils urticants qui irritent les voies respiratoires, et leur simple présence peut être dangereuse, car ces poils restent toxiques pendant plusieurs années.

Pour traiter les chenilles chez soi, il est recommandé de faire attention, car certaines méthodes, comme la combustion des nids, peuvent libérer des poils urticants. Des agents municipaux ont déjà dû traiter des collègues aux urgences ophtalmiques à cause de ces poils.

Cette initiative à Saint-Jean montre qu’il est possible d’aborder des problèmes environnementaux de manière créative, tout en veillant à la sécurité des habitants et de leurs animaux.

Source : La Dépêche du Midi

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