Un mécanisme clé de résistance des cancers identifié

Un mécanisme clé de résistance des cancers identifié

Le cancer du sein triple négatif, l’un des types les plus agressifs de cancer, a été l’objet d’une étude approfondie par une équipe de l’Institut Curie. Cette recherche a mis en lumière un comportement inédit des cellules cancéreuses face aux traitements.

En l’an 2000, les biologistes américains Douglas Hanahan et Robert Weinberg ont publié un article fondateur intitulé « The Hallmarks of Cancer », posant pour la première fois six caractéristiques fondamentales des cancers, dont l’inflammation comme condition première de leur développement. Cette publication est devenue une référence incontournable, avec plusieurs mises à jour ultérieures.

À la fin de l’année 2025, Céline Vallot, directrice de recherche à l’Institut Curie, et son équipe ont identifié un mécanisme fondamental, encore inconnu, qui permet aux cellules cancéreuses de résister aux thérapies anticancéreuses sans développer de résistance. Cette découverte a été réalisée dans le cadre de l’étude des cancers du sein triple négatif.

9000 cas par an

Le cancer du sein triple négatif représente environ 15 % des cancers du sein. Ce sous-type est souvent considéré comme le plus agressif, avec un taux de rechute élevé sur des délais plus courts (de 19 à 40 mois, contre 35 à 67 mois en moyenne pour les autres types). En France, environ 9000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, notamment chez des femmes de moins de 40 ans.

Comme d’autres cancers, le cancer du sein peut développer des résistances face à divers traitements, tels que la chimiothérapie et certaines immunothérapies. Selon Céline Vallot, « la résistance est la capacité d’une cellule cancéreuse à résister à un traitement quel qu’il soit. Une cellule sensible au traitement va mourir, alors que la cellule résistante continuera à se diviser, même sous thérapie. »

Une cellule ni morte ni résistante

Il existe un état intermédiaire entre la mort de la cellule cancéreuse et la résistance, appelé « persistance face au traitement ». Dans ce cas, les cellules ne meurent pas sous l’effet de la thérapie, mais cessent de se diviser activement. « Elles vont simplement tolérer le traitement le temps qu’il dure », explique la chercheuse. Étonnamment, lorsque la thérapie s’arrête, ces cellules redeviennent sensibles aux molécules thérapeutiques.

Toujours la même réaction

Pour explorer les mécanismes sous-jacents à cette tolérance, les scientifiques ont créé des « avatars » de cancer chez des souris immunodéficientes. Ces modèles permettent de reproduire les conditions de traitement des patientes et de comprendre la dynamique des cellules tolérantes. Les résultats ont montré que, quel que soit le traitement appliqué, les cellules cancéreuses réagissent de manière similaire, révélant une constance dans le comportement cellulaire.

Une découverte d’envergure

Cette recherche a permis de découvrir une nouvelle caractéristique fondamentale des cancers. Les cellules tolérantes ne présentent pas de mutations génétiques particulières, mais s’adaptent de manière transitoire à la présence de molécules thérapeutiques. Céline Vallot souligne que cet état est réversible, offrant un espoir pour les patients.

Les schémas de traitement actuels, souvent basés sur des traitements continus, pourraient être repensés. En adoptant une approche séquentielle, il serait possible de rendre les cellules tolérantes à nouveau sensibles aux traitements.

Source : Institut Curie

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *