Sexisme dans le sport : le guide UER 2026 met les diffuseurs face à leurs contradictions
L’Union européenne de radio-télévision (UER) a récemment publié un guide de 23 pages intitulé « Raising the Bar », visant à éliminer les angles de vue sexualisants des athlètes féminines lors des retransmissions sportives. Ce guide, qui sera appliqué lors des championnats d’Europe d’athlétisme de Birmingham, prévus du 10 au 16 août 2026, identifie 13 plans de caméra jugés inappropriés. Toutefois, cette initiative soulève des questions concernant la compatibilité entre les normes éthiques et les impératifs commerciaux des diffuseurs.
Le guide « Raising the Bar » a été élaboré en collaboration avec European Athletics et des athlètes comme Holly Bradshaw et Ivana Španović. Il fournit des recommandations spécifiques pour chaque discipline, telles que le saut en hauteur et les épreuves de course. Glen Killane, directeur sportif de l’UER, a souligné la nécessité de renforcer les normes de diffusion pour mieux refléter le talent et le dévouement des sportives. Cette démarche s’inscrit dans la continuité des efforts menés lors des Jeux olympiques de Paris 2024, où un traitement équitable des athlètes masculins et féminins avait également été exigé.
Les 13 angles de caméra interdits incluent des gros plans sur l’entrejambe et des ralentis sur des parties du corps jugées inappropriées. L’UER affirme que ces cadrages « n’apportent rien » à la compréhension des épreuves. Cependant, certains diffuseurs craignent que la suppression de ces images n’affecte les audiences et, par conséquent, leurs revenus publicitaires. Malgré ces inquiétudes, les audiences du sport féminin ont montré une tendance à la hausse, soutenues par une visibilité accrue et des investissements dans le domaine.
Les championnats d’Europe de Birmingham seront un test pour l’application de ce guide. L’UER, regroupant 116 diffuseurs publics dans 56 pays, a investi plusieurs millions d’euros dans la production de cet événement. La mise en œuvre du guide nécessitera une formation des équipes techniques et une révision des workflows de réalisation. Toutefois, il convient de noter que le guide ne traite pas des commentaires oraux, qui peuvent également véhiculer des biais sexistes.
L’UER envisage d’étendre ce guide à d’autres sports, mais cela pose des défis budgétaires et logistiques, chaque discipline nécessitant des recommandations adaptées. Les réactions sur les réseaux sociaux indiquent que le changement culturel autour de la représentation des femmes dans le sport prendra du temps, même si de nombreuses athlètes soutiennent cette initiative.
Le guide UER soulève des questions fondamentales sur la visibilité du sport féminin. Peut-il prospérer sans recourir à des pratiques sexistes, ou est-ce que ces dernières sont nécessaires pour attirer l’attention ? Les championnats de Birmingham fourniront des éléments de réponse à cette question cruciale.
Source : Economie Matin
