Devenu mangaka, le Lillois Médé partage son « rêve d’enfant » avec ses lecteurs
Tout commence par un tome 37 de Dragon Ball. En 6e, au Cameroun, un camarade de Médé l’amène en classe et les deux copains se livrent à des battles : c’est à qui recopiera le plus fidèlement les planches. « On était autodidactes. Ça créait une émulation ! Mais au Cameroun, ce n’était pas vu comme une perspective professionnelle. Les parents n’incitaient pas les jeunes », se souvient celui qui auto-publie aujourd’hui son propre manga, Cages.
Arrivé en France en 2018 pour suivre un master à l’université de Lille, Médé se replonge dans sa passion de jeunesse. Il participe à deux reprises au concours de BD du Crous. La première fois, en 2020, le deuxième prix obtenu lui permet de s’offrir une tablette graphique. L’année suivante, il remporte le premier prix régional, une reconnaissance qui le motive davantage.
Artiste en résidence
Médé trouve du travail comme responsable communication, mais continue de saisir les opportunités dans le domaine du manga. En 2022, il réalise un numéro de Lille mystérieuse, publié par La Boucle du dessin. « Pendant les confinements, j’ai commencé à faire des lives sur TikTok. Et l’idée de Cages, qui mêle basket et gangs, est née. » Le premier tome de son manga est publié à raison d’un chapitre par mois pendant sept mois par la maison d’édition Konkuru, lui permettant de se faire connaître et de s’installer dans un rythme de dessin.
Le trentenaire a auto-édité, en 2025, les deux premiers tomes de Cages, qui en comptera huit au total. Le troisième est prévu pour octobre. Médé vit désormais de sa passion, avec une partie de ses revenus provenant des ventes de Cages. Parallèlement, il participe à divers projets culturels, notamment une résidence d’artiste financée par le ministère de la Culture. « Je suis intervenu dans une quinzaine d’écoles, deux collèges, un institut médico-éducatif, dans des médiathèques et aussi auprès de jeunes hospitalisés en unité psychiatrique au CHU », énumère-t-il.
Vivre de sa passion est « un rêve d’enfant qui se réalise » pour Médé. Le seul point négatif qu’il trouve à son métier est d’être « très souvent très seul », mais il compense cela en allant à la rencontre de son public.
Les tomes 1 et 2 de Cages sont disponibles dans plusieurs librairies lilloises, dont Manga Dokaze, Croâfunding et Ma Pause manga. Médé est également actif sur Instagram sous le pseudo @mededrawing.
Source : La Voix du Nord
