Contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles, une application pour sécuriser les plages de Marseille
Près de 50 % des femmes affirment avoir été victimes de harcèlement sexuel à la plage, selon une étude. Face à ce constat, la ville de Marseille renouvelle pour la quatrième année consécutive un dispositif permettant d’alerter et de secourir celles qui en sont victimes.
Les vacances d’été ne sont pas toujours synonymes de repos. Une enquête Ifop publiée en 2023 révèle que près d’une femme sur deux a déjà été confrontée à des comportements inappropriés sur les plages. Pour lutter contre ces violences sexistes et sexuelles, la municipalité de Marseille a reconduit en 2026 un dispositif baptisé Safer plage.
Des médiateurs sont présents toute la journée sur huit plages très fréquentées de la ville, intervenant en cas de problème. Ils sont assistés par une application qui permet de signaler en temps réel tout cas de harcèlement ou d’agression. La plage des Catalans, la plus proche du centre-ville, est particulièrement concernée par ces signalements, souvent émis par des jeunes femmes. Robson, l’un des médiateurs, explique : « Un homme qui s’approche trop de leur serviette, une drague lourde. Il y a aussi le cas classique où un homme est en train de prendre des photos. »
Les médiateurs font régulièrement des annonces au mégaphone, encourageant les victimes à les contacter directement ou via l’application Safer plage. En plus de traiter les signalements, ils patrouillent le long des plages.
Louna, une touriste belge de 20 ans, témoigne : « Certaines personnes font des commentaires et ce n’est pas toujours agréable. C’est bien qu’il y ait quelque chose pour le signaler, ça nous aide à nous sentir en sécurité. » Sandrine, 24 ans, abonde dans le même sens, évoquant une expérience où elle a dû intervenir face à un homme prenant des photos de filles.
Les médiateurs sont formés pour gérer ces situations. Marie, une médiatrice, souligne que parfois il est nécessaire d’appeler la police, mais qu’une discussion est souvent suffisante. Elle fait face à des remarques comme : « Si les filles ne veulent pas se faire mater, elles n’ont pas à se mettre en maillot de bain. » Elle tente de réagir avec pédagogie.
Entre l’été 2024 et l’été 2025, le nombre de signalements sur les plages marseillaises a plus que doublé, ce qui témoigne d’une libération progressive de la parole des femmes.
Source : Franceinfo.
