États-Unis : les multinationales reprennent la main sur la formation

États-Unis : Les multinationales reprennent la main sur la formation

Les entreprises américaines adoptent de plus en plus des modèles de formation intensifs, souvent appelés bootcamps. Ces programmes, qui durent généralement entre quatre et cinq semaines, sont conçus pour rendre les apprenants opérationnels rapidement, en se concentrant sur des compétences pratiques adaptées à des secteurs spécifiques. Contrairement aux formations traditionnelles homologuées par le US Department of Labor, qui peuvent s’étendre de un à six ans avec un minimum de 2 000 heures de travail pratique et 144 heures de cours théoriques par an, les bootcamps visent une insertion rapide sur le marché du travail.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large de pénurie de main-d’œuvre aux États-Unis, où les entreprises cherchent à combler rapidement des postes vacants. En 2026, France Travail a recensé 2,27 millions de projets de recrutement en France, avec 43,8 % jugés difficiles à pourvoir. Le secteur du bâtiment et travaux publics (BTP) affiche un taux de difficulté de 65 % pour 140 000 projets, tandis que la filière nucléaire doit recruter 100 000 personnes d’ici 2035.

En réponse à ces défis, certaines entreprises françaises commencent à se rapprocher des modèles de formation professionnelle en interne. La réforme de l’apprentissage de 2018 a permis la création de centres de formation des apprentis (CFA) au sein des entreprises. Toutefois, ces formations restent encadrées par l’Éducation nationale, avec une collaboration entre l’État et les branches professionnelles pour établir les référentiels des diplômes.

Les entreprises telles qu’Enedis, Safran, et la Croix-Rouge ont également développé leurs propres académies pour former leurs futurs employés, tout en s’appuyant sur le financement des opérateurs de compétences (OPCO) pour asr la certification par l’État.

Ce mouvement vers une formation plus intégrée et rapide pourrait transformer le paysage de l’éducation professionnelle, tant aux États-Unis qu’en France, alors que les multinationales prennent un rôle de plus en plus actif dans la formation de leur future main-d’œuvre.

Source : France Travail

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