Mali : Kalilou Doumbia se défend lors du procès pour « complot »
Au Mali, la troisième journée du procès pour « tentative de complot contre le gouvernement » s’est tenue ce jeudi 16 juillet 2026 à la Cour d’appel de Bamako. Six co-accusés sont liés à l’ancien président de transition, Bah N’Daw, nommé par les militaires après le coup d’État d’août 2020. Ce dernier a été renversé en mai 2021 par ces mêmes militaires, en raison de tentatives d’écarter certains d’entre eux du gouvernement.
Lors de cette audience, Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la présidence, a nié toute intention de coup d’État. Il a affirmé avoir simplement exécuté les ordres de Bah N’Daw concernant la composition du nouveau gouvernement, ce qui avait provoqué la colère des militaires au pouvoir. Doumbia a exprimé son respect pour les institutions tout en manifestant des craintes pour sa sécurité et celle de sa famille.
Des sources présentes au tribunal ont rapporté que Doumbia a souligné avoir été enlevé et torturé par la Sécurité d’État. Il a précisé que lors de son interrogatoire, il n’était pas accusé de complot, mais plutôt incité à aider à récupérer des documents cachés dans un coffre au Palais présidentiel, dont il était le seul à connaître les codes.
Ces documents pourraient être liés aux accusations formulées par le Colonel Kassoum Goita, qui a allégué que des fonds publics avaient été détournés par les colonels putschistes. Doumbia a choisi de ne pas répondre à cette question, invoquant l’intérêt supérieur de l’État et ses préoccupations personnelles.
Après son témoignage, le procureur a demandé la suspension du procès jusqu’à lundi pour entendre un témoin clé, un militaire absent depuis le début de l’affaire. Cette décision a suscité l’indignation des avocats de la défense, qui ont exprimé des préoccupations sur l’équilibre du procès, soulignant que permettre au témoin de se préparer librement pourrait nuire aux droits des accusés.
Le procès est prévu de reprendre le lundi 20 juillet, avec la présence de l’adjudant-chef Soumaila Bagayoko, dont le témoignage est jugé crucial.
Source : RFI
