Pegasus : le Maroc aurait espionné Noureddin Bongo, Laccruche et Jean Ping après l'AVC d'Ali Bongo | Gabonreview.com

Espionnage au Gabon : le Maroc aurait surveillé des figures politiques avec Pegasus

Selon une enquête menée par Forbidden Stories, les services de renseignement marocains auraient utilisé le logiciel espion Pegasus pour surveiller plusieurs personnalités politiques gabonaises au cœur de la crise de succession qui a suivi l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo en 2018. Parmi les cibles identifiées figurent Noureddin Bongo Valentin, fils aîné du président, et Brice Laccruche Alihanga, alors directeur de cabinet présidentiel, ainsi que plusieurs membres de l’opposition.

L’enquête révèle que, dès mars 2019, les numéros de téléphone de ces responsables ont été ajoutés à une liste de cibles potentielles. Le 5 mars 2019, alors que le débat sur l’état de santé d’Ali Bongo alimentait les spéculations à Libreville, ces personnalités auraient été choisies pour une éventuelle surveillance.

Contexte politique tendu

La situation politique au Gabon était particulièrement délicate après l’AVC d’Ali Bongo, survenu en octobre 2018. Son hospitalisation prolongée à Rabat et une tentative de coup d’État en janvier 2019 ont intensifié les incertitudes quant à sa capacité à gouverner. Divers successeurs potentiels ont émergé, mais Noureddin Bongo et Brice Laccruche ont particulièrement attiré l’attention.

Un expert anonyme a commenté que ce contexte de faiblesse a probablement incité le Maroc à surveiller de près la situation, cherchant à comprendre les dynamiques de pouvoir en jeu.

Relations Maroc-Gabon

L’intérêt du Maroc pour les affaires gabonaises s’inscrit dans une relation historique entre les deux pays. Un ancien agent marocain a déclaré que des agents marocains étaient régulièrement présents au Gabon, souvent sous couvert d’opérations de lutte antiterroriste. Cette coopération a des racines qui remontent au règne du roi Hassan II et s’est poursuivie sous Mohammed VI.

Cependant, le Service de liaison et d’assistance militaire gabonais n’aurait pas été informé de l’utilisation présumée de Pegasus, et il reste incertain si Ali Bongo était au courant de ces activités.

Réactions des personnalités concernées

Plusieurs figures citées dans l’enquête ont exprimé une certaine résignation face à ces révélations. Jean Ping, dont le numéro était sur la liste des cibles, a commenté que les écoutes sont courantes au Gabon et a évoqué la possibilité de porter plainte si les faits étaient avérés. Les autres personnalités, dont Noureddin Bongo et Brice Laccruche, n’ont pas commenté.

Forbidden Stories a également noté que plusieurs personnes interrogées croyaient avoir été sous écoute pendant des années, bien qu’elles demeurent sceptiques quant à l’utilisation de Pegasus, un outil réputé coûteux.

Source : Forbidden Stories

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