Les prix des minéraux critiques bondissent, l’Afrique veut en tirer le meilleur profit
Les cours des minéraux critiques, essentiels à l’économie mondiale, ont connu une hausse significative en 2025 et au cours de la première moitié de cette année, selon un rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie. Les prix du lithium ont doublé, tandis que ceux du cobalt ont augmenté de 130 %. Cependant, l’Afrique, qui détient près d’un tiers des réserves mondiales, tire peu profit de cette opportunité financière. Les autorités africaines visent à accroître la transformation locale pour générer davantage de revenus.
Le lithium, le cobalt, le cuivre et le graphite sont devenus des matières premières essentielles pour la transition énergétique. L’Afrique concentre environ 30 % des réserves mondiales de ces minéraux, évaluées à près de 29 500 milliards de dollars. Malgré cette richesse, la majorité des minerais quittent le continent sans subir de transformation, entraînant un manque à gagner considérable. Le docteur Albert Kouadio, expert en mines extractives, souligne : « Lorsqu’un pays octroie des permis de recherche à des entreprises étrangères, il ne reçoit au mieux que 10 % de retour. Si l’Afrique veut se développer, elle doit adopter des stratégies pour préserver ses ressources. »
L’objectif va au-delà du simple raffinage. L’ambition est de produire sur le continent des composants et des produits finis, ce qui permettrait de créer davantage d’emplois et de développer l’industrie locale. Othman El Ferdaous, ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, affirme : « Il ne faut pas se limiter aux premières transformations. Il est crucial d’aller en aval des chaînes de valeur pour capter les primes de marque et de distribution. »
Cependant, cette ambition nécessite une énergie fiable et abordable, car les processus de raffinage et de fabrication sont énergivores. Le diplomate marocain insiste sur l’importance de renforcer les infrastructures énergétiques à l’échelle continentale. Il évoque le projet de gazoduc africain atlantique, reliant le Nigeria au Maroc, qui pourrait desservir plus d’une dizaine de pays et fournir du gaz africain pour des centrales de production d’électricité compétitive.
La Côte d’Ivoire, qui a récemment organisé un forum sur ce sujet, souhaite se positionner dans cette nouvelle chaîne de valeur. Bien que moins visible, le pays possède également des minéraux critiques dans son sous-sol. Le ministre ivoirien des Mines, Mamadou Sangafowa Coulibaly, rappelle que la coopération entre pays est essentielle pour transformer ces ressources et bâtir une véritable industrie africaine. Il conclut en soulignant que la mobilisation des financements est cruciale pour réussir cette transformation.
Source : RFI
