Les oubliées d’Octobre rose : « Je me dis que cet événement me concerne aussi »
TÉMOIGNAGE. Octobre rose, mois symbole de la prévention et de la lutte contre le cancer du sein, mobilise médias, institutions et grand public. Comment le perçoit-on quand on est une femme touchée par un tout autre cancer ? Manon, touchée par un cancer du système nerveux, soutient l’opération qui, selon elle, bénéficie à toutes les personnes malades.
Très sportive depuis toujours et adepte de la course à pied, Manon a couru à plusieurs reprises pour la cause d’Octobre rose. Au début de l’année 2024, après avoir souffert de vomissements, de maux de tête violents et d’une perte de poids importante, elle a été diagnostiquée avec un médulloblastome, un cancer pédiatrique touchant le système nerveux. Cela l’a conduise à devenir tétraplégique quasiment du jour au lendemain.
À l’arrivée d’Octobre rose, Manon ne se dit jamais que cet événement ne la concerne pas. Elle souligne les points communs entre tous les cancers, tels que les problèmes de peau, d’ongles et de cheveux, ainsi que les modifications de l’apparence.
Changer le regard sur le cancer
Manon évoque que lorsque le cancer devient visible, le regard des autres change. Elle propose de profiter d’Octobre rose pour modifier les axes de communication et aborder des sujets souvent peu discutés en dehors de la communauté des malades, comme le besoin de rire plutôt que de ressentir la pitié.
Elle aborde également la question de la nourriture à l’hôpital, qu’elle qualifie de catastrophique, se demandant comment on peut avancer vers la guérison avec une alimentation aussi médiocre. Manon appelle à interpeller les responsables tout en apportant des solutions, notamment à travers un guide sur la manière de s’adresser aux malades.
Elle conclut en affirmant l’importance de continuer à faire du bruit pour Octobre rose, espérant que cela sensibilisera les pouvoirs publics sur les manques et fera évoluer le regard des gens sur les malades.
Propos recueillis par Sandra Karas
