Transformer une ancienne décharge en lagune : un pari réussi dans les Landes
Onesse-Laharie (Landes), reportage
À Onesse-Laharie, la lagune, autrefois décharge pour les entreprises locales, est désormais un symbole de restauration écologique. Valérie Guéguen, cheffe de projet pour le département des Landes, souligne l’importance de ce site, le premier à intégrer le programme de préservation lancé en 2011. « Cette lagune n’a plus besoin de nous », affirme-t-elle, révélant ainsi la réussite de cette initiative.
Les lagunes, souvent négligées et en mauvais état, bénéficient depuis plusieurs années d’efforts concertés pour leur restauration. Le département des Landes a initié un programme en 2011, soutenu par des agences de l’eau et d’autres départements comme la Gironde et le Lot-et-Garonne. Le Conservatoire botanique national (CBN) a pris en charge la coordination sous le projet Écolag, lancé en 2024.
Dans la forêt des Landes, plus de 6 000 zones humides ont été recensées. Ces lagunes, formées lors de la dernière glaciation, sont essentielles à la biodiversité locale, abritant des espèces rares comme le faux-cresson de Thore et la rainette ibérique.
Anaëlle Deveaud, chargée de mission conservation pour le CBN, explique que ces milieux, naturellement pauvres en nutriments, offrent divers habitats. Ils sont cruciaux pour le stockage de l’eau et le maintien de la biodiversité.
Cependant, la situation actuelle est préoccupante. Valérie Guéguen note que le niveau d’eau de la lagune est en baisse, exacerbée par la sécheresse. En juillet, des restrictions d’accès ont été mises en place pour limiter les risques d’incendie, et la situation hydrologique est jugée « très préoccupante ».
Les lagunes, malgré leur potentiel, restent peu exploitées dans la lutte contre les incendies. Certaines ont été aménagées pour servir de points d’eau, mais leur utilisation reste limitée.
Simon Kuntzburger, botaniste au CBN, indique que seulement 20 % des lagunes sont en bon état de conservation, en raison de la monoculture de pins et de l’utilisation d’engrais agricoles. Les espèces envahissantes comme la Jussie menacent également leur intégrité.
La restauration des lagunes se fait au cas par cas, après un diagnostic précis. À Onesse-Laharie, des améliorations sont en cours, notamment la création d’une zone tampon avec des feuillus, afin de favoriser les échanges hydriques.
Pour sensibiliser le public à l’importance de ces écosystèmes, des animations nature sont organisées dans des lagunes accessibles. Le maire de Morcenx-la-Nouvelle, Paul Carrère, souligne que « la meilleure façon d’engager la génération d’après, c’est de lui montrer ces espaces naturels remarquables ».
Source : Reporterre
