Médicaments : faut-il les vendre à l’unité, alors que 40% des produits jetés sont encore consommables ?
Chaque année, environ 7 600 tonnes de médicaments sont détruites en France, un gaspillage qui a un coût élevé pour l’assurance maladie. Ce phénomène soulève la question de la vente des médicaments à l’unité, une pratique qui pourrait réduire le gaspillage.
Yann Bourier, infirmier, constate régulièrement l’accumulation de médicaments chez ses patients. Par exemple, une patiente diabétique possède plusieurs boîtes d’insuline, bien plus que nécessaire. Il explique : « On n’a pas besoin d’avoir huit boîtes d’insuline lente parce qu’on utilise un stylo par mois. » De même, pour une patiente ayant subi une opération, il note que le matériel prescrit est souvent excessif, avec un coût total pouvant atteindre 400 euros pour des soins dont une fraction seulement sera utilisée.
Les pharmacies récupèrent chaque année plus de 7 600 tonnes de médicaments non utilisés, dont 40% sont encore consommables. Actuellement, ces produits sont incinérés, sans possibilité de recyclage. Des clients de pharmacie suggèrent d’adopter un système similaire à celui des États-Unis, où les médicaments sont vendus à l’unité. Cela permettrait aux patients d’acheter uniquement ce dont ils ont besoin.
Cependant, des experts comme Yorick Berger, pharmacien, mettent en garde contre cette approche. Selon lui, déconditionner et réétiqueter les médicaments nécessiterait un investissement en temps et en personnel qualifié, ce qui pourrait augmenter les coûts.
Chaque année, l’assurance maladie rembourse plus de 500 millions d’euros pour des médicaments qui ne sont jamais utilisés. Ce gaspillage soulève des interrogations sur l’efficacité du système actuel et sur les alternatives possibles pour une gestion plus responsable des ressources médicamenteuses.
Source : Franceinfo
