Sécheresse, canicules à répétition : la difficile adaptation de la vigne du Jura au réchauffement climatique

Sécheresse, canicules à répétition : la difficile adaptation de la vigne du Jura au réchauffement climatique

Lutte contre le gel au printemps, contre la sécheresse en été, essai de nouveaux cépages, changement du cahier des charges de l’AOC. Les vignerons jurassiens s’adaptent aux bouleversements engendrés par le réchauffement climatique. Cependant, celui-ci progresse plus rapidement qu’eux.

De Pupillin à Arbois, d’Arlay à Nevy-sur-Seille, tous les vignerons scrutent actuellement le ciel avec appréhension. Il est urgent d’obtenir des précipitations avant que les grappes ne soient grillées sur pied, car il n’est pas tombé une goutte depuis deux semaines. La sécheresse, associée à des températures élevées, assèche tant les fruits que les feuilles.

Guillaume Tissot, vigneron à Nevy-sur-Seille, constate avec tristesse que certaines grappes de Pinot Noir présentent des signes de stress hydrique. Bien que la situation ne soit pas encore catastrophique, il souligne l’importance d’une pluie salvatrice pour relancer le processus de maturation des raisins. Cependant, il redoute que les vendanges soient retardées, tout en espérant que les précipitations n’apportent pas de grêle.

Pour protéger les vignes des effets du soleil, Bruno Bienaimé, un autre vigneron, a appliqué une préparation à base d’argile calcinée sur les feuilles de ses vignes à Arlay, agissant comme une sorte de « crème solaire ». Il évite également de tailler les vignes pour ne pas les stresser davantage en période de forte chaleur.

Cette année, Bienaimé a introduit un cépage inédit, l’Assyrtiko, originaire de Santorin. Ce cépage grec, adapté à la sécheresse, pourrait offrir des rendements d’environ 30 hectolitres à l’hectare et permet une diversité de vinifications.

L’AOC Arbois, la plus ancienne AOC viticole de France, a restreint son cahier des charges à seulement cinq cépages parmi une cinquantaine. Les cépages retenus, tels que le Chardonnay et le Pinot Noir, ne seront pas tous capables de résister aux effets du réchauffement climatique.

Face à ces défis, l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) a initié une réflexion sur l’introduction de cépages plus résilients. Jean-Michel Petit, pionnier du bio à Pupillin, a planté des rangs d’Aligoté, espérant récolter l’année prochaine et tester des vinifications spécifiques.

La lenteur de l’adaptation des AOC face au réchauffement climatique est une réalité difficile à accepter pour les vignerons. Petit souligne l’importance de prendre des décisions réfléchies face aux aléas climatiques, tout en notant que la sécheresse a un avantage : l’absence de mildiou, ce qui réduit le besoin de traitements.

Les vignerons du Jura continuent de s’adapter à un climat en mutation, cherchant des solutions innovantes pour préserver leur production face à des conditions de plus en plus extrêmes.

Source : France Télévisions

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