Guerre en Ukraine :

Guerre en Ukraine : « Il espérait que nous mourions », un médecin russe surnommé « Dr la Mort » accusé de sévices sur des prisonniers ukrainiens

Des dizaines d’anciens prisonniers de guerre ukrainiens ont révélé les mauvais traitements qu’ils ont subis dans la colonie pénitentiaire IK-7, située au nord-est de Moscou. Les témoignages recueillis par les enquêteurs décrivent un système de violences physiques et psychologiques, d’humiliations sexuelles et de privation de soins médicaux.

Parmi les allégations les plus graves, le médecin de l’établissement, Viatcheslav Tcherdantsev, surnommé « Docteur la Mort », est accusé d’avoir exercé des sévices sur les détenus. Identifié par « Schemes », la cellule d’enquête de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), Tcherdantsev aurait précédemment travaillé dans un orphelinat et un établissement pénitentiaire pour mineurs.

Un système de violences inhumaines

Les victimes rapportent avoir été contraintes de rester debout pendant des jours sans nourriture, et d’autres se plaignent de n’avoir eu que quelques morceaux de pain moisi par jour. Les promenades quotidiennes, au lieu d’avoir lieu dans la cour, se déroulaient dans des chenils de chiens, où les prisonniers devaient aboyer et boire dans des gamelles.

Les violences physiques décrites sont d’une brutalité extrême. Des anciens détenus affirment avoir été frappés sur la plante des pieds avec des matraques, rendant la marche difficile. D’autres témoignent d’avoir été forcés de « ramper comme des phoques ».

Un médecin complice des tortures

Dmytro Chylioek, un journaliste ukrainien qui a passé deux ans en captivité, évoque des conditions de détention inhumaines, avec des bless s’infectant à cause d’un carrelage coupant. Près de la moitié des anciens détenus accusent Tcherdantsev d’avoir participé à ces sévices, le qualifiant de « vétérinaire » et de tortionnaire.

Lors d’une épidémie de gale, des détenus malades auraient été isolés et transférés dans d’autres cellules pour propager l’infection. Ihor Chychko, un ancien détenu, raconte avoir passé un mois nu, affirmant que le médecin espérait leur mort.

Humiliations sexuelles et menaces

Les témoignages font également état d’humiliations sexuelles, telles que des inspections génitales sans justification et des simulations d’actes sexuels. Certains prisonniers ont été menacés de viol sous la menace d’un pistolet à impulsion électrique utilisé par Tcherdantsev.

Les autorités ukrainiennes ont ouvert une enquête sur le médecin, soupçonné d’avoir participé à des actes de torture et à des mauvais traitements infligés aux détenus. Ces traitements auraient conduit à la mort de plusieurs prisonniers, comme Pavlo Poliovy, un soldat de 23 ans, qui se serait suicidé en mai 2023 après avoir été privé de soins.

Les résultats de cette enquête mettent en lumière des violations graves des droits de l’homme au sein des prisons russes, soulignant l’urgence d’une réponse internationale face à ces atrocités.

Source : Radio Free Europe/Radio Liberty

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