Loyers excessifs, propriétaires hors-la-loi :

Loyers excessifs, propriétaires hors-la-loi : « Ce sont les locataires qui trinquent, notamment les jeunes »

Les résultats de Parcoursup sont tombés. La ruée des étudiants sur les studios en location est lancée. Le combat pour trouver un appartement dans son budget est rude pour les jeunes, qui peuvent parfois renoncer à poursuivre leurs études dans certaines villes en raison du coût du logement. À Montpellier, la loi encadre le prix des loyers, une règle que certains propriétaires semblent ignorer.

Pour Santos et sa mère, cette journée est celle de la dernière chance pour trouver un studio ou une chambre. Après trois refus de résidences universitaires, ils viennent d’arriver dans un forum d’échanges, et déjà, une visite est improvisée. « L’appartement a l’air bien sur les photos, mais faut voir ce que ça donne la visite en vrai, » confie Santos Hernandez-Vautier, futur étudiant. Le jeune homme, boursier, rentrera en première année d’université en septembre. « Je ne vais pas faire le difficile, je n’ai jamais vraiment eu de logement, » poursuit-il à la découverte du studio.

De son côté, Jacques, le propriétaire, propose deux appartements à la location. L’un d’eux fait 21 mètres carrés et est loué 500 euros par mois, hors charges. « Est-ce que vous savez s’il respecte l’encadrement des loyers ? » interroge notre journaliste. « Je ne sais pas, je ne connais pas la loi. C’est ce qui se pratique dans le quartier, » répond Jacques Seltz, propriétaire.

Depuis 2022, les loyers à Montpellier sont strictement encadrés. Pour déterminer si cet appartement respecte la loi, un rapide coup d’œil sur le site de la métropole est nécessaire. À une vingtaine d’euros près, Jacques est presque dans les clous. Ce qui n’est pas le cas de tous les propriétaires. Pour s’affranchir de cette règle, certains retirent même leur bien des agences immobilières.

« Ils ont des loyers qui ont souvent été revus à la baisse avec cet encadrement, c’est le but pour que les gens arrivent à se loger. Sauf que lorsqu’ils font leur compte, ils se disent : ‘je vais le louer en direct’ et donc plus cher. Ce sont les locataires qui trinquent, et notamment les étudiants, » détaille Tariq Djafri, agent immobilier.

Selon une enquête de Que Choisir Ensemble, à Montpellier, les appartements qui ne respectent pas l’encadrement des loyers dépassent le plafond légal en moyenne de 161 euros par mois.

Les conséquences de cette situation sont préoccupantes. Les jeunes, souvent déjà en situation financière précaire, se retrouvent face à des loyers exorbitants qui les contraignent à abandonner leurs projets d’études ou à s’endetter lourdement.

Source : Que Choisir Ensemble

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