L’envol en Bourse des banques n’est pas une bulle : quel potentiel ?
Depuis la crise financière de 2008 et l’adoption de taux d’intérêt ultra-négatifs, le secteur bancaire a traversé une période difficile. Selon Xavier Huttepain, président de Themis Capital, les banques ont connu un « purgatoire réglementaire et de réhabilitation ». Cependant, depuis 2022, la normalisation des taux a permis aux performances du secteur de redevenir « fantastiques », offrant ainsi une opportunité de rebond pour les investisseurs.
Le maintien de taux d’intérêt élevés permet aux banques de préserver leurs marges d’intérêt, ce qui a été difficile à réaliser pendant une quinzaine d’années de taux à zéro. Bien que des taux plus élevés puissent limiter le nombre de crédits, une certaine marge d’activité est désormais retrouvée. Pour Huttepain, « la normalisation des taux constitue le carburant historique du secteur bancaire ».
En 2025, l’indice Stoxx Europe 600 Banks a progressé de plus de 70 %, marquant la meilleure année du secteur depuis 1987. En outre, cet indice a surperformé tous les autres secteurs de l’Eurostoxx durant les trois dernières années, faisant du secteur bancaire le leader de la cote boursière européenne.
Les perspectives de croissance pour les banques semblent positives, bien que l’essentiel du rattrapage soit désormais derrière nous. Les banques sont sorties d’une décennie de sous-performance due à des taux bas et à une réglementation croissante. Aujourd’hui, leurs bilans sont plus solides que jamais, et les résultats sont jugés « fantastiques » depuis deux ou trois ans.
Huttepain souligne que la rentabilité attendue des banques pourrait encore atteindre des chiffres à deux chiffres pour 2026-2027, rendant le secteur intéressant pour les investisseurs particuliers. Bien que les actions des banques ne doublent probablement pas dans les trois ou quatre prochaines années, elles présentent un rapport rendement/risque attractif. De plus, le secteur est connu pour son bon rendement en dividendes, avec environ 6 % pour des banques comme BNP Paribas.
Cependant, des risques subsistent. Le secteur bancaire est particulièrement sensible aux fluctuations économiques et aux changements réglementaires. Un choc de crédit ou une baisse des taux d’intérêt en cas de récession pourraient affecter négativement les valorisations en Bourse.
En somme, le secteur bancaire, avec des acteurs comme BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, semble retrouver une dynamique positive, bien que des défis subsistent dans un environnement économique incertain.
Source : Capital.
