Inceste : une sous-représentation médiatique préoccupante
Alors que la commission d’enquête sur l’inceste a récemment achevé ses travaux, son rapport est désormais accessible en ligne. Une analyse de la couverture médiatique de ce sujet délicat met en lumière une sous-représentation marquée.
Pour évaluer la place de l’inceste dans les médias, une recherche a été effectuée à l’aide de l’agrégateur de presse Europresse. Les résultats révèlent que la commission d’enquête sur l’inceste n’a donné lieu qu’à 821 occurrences dans la presse, un chiffre considérablement inférieur aux 3 783 occurrences relevées pour la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Il convient de noter que de nombreux articles proviennent de la presse quotidienne régionale, souvent dupliqués d’une parution à une autre.
En matière de télévision, une recherche dans la base de données de l’INA a montré que seulement 12 occurrences sont directement liées aux débats parlementaires sur l’inceste, dont quatre concernent des diffusions des débats à l’Assemblée nationale. En élargissant la recherche, 193 occurrences ont été identifiées, y compris des références dans des séries télévisées.
La presse magazine, quant à elle, n’a pas non plus mis en avant ce sujet, avec environ 1 500 résultats trouvés dans l’agrégateur ePresse, majoritairement issus de la presse régionale. En revanche, pour l’audiovisuel public, près de 3 000 résultats ont été comptabilisés.
Maud Petit, présidente de la commission d’enquête, souligne que bien que la couverture médiatique soit limitée, le sujet suscite un intérêt croissant sur les réseaux sociaux. Elle note que l’engagement des citoyens sur ces plateformes pourrait indiquer une prise de conscience accrue, malgré le silence des médias traditionnels.
Cette situation met en lumière un défi majeur : le tabou persistant autour de l’inceste dans la société française, qui entrave une couverture médiatique plus substantielle. Les recommandations issues de la commission d’enquête, notamment sur la protection des enfants, sont désormais en cours d’examen législatif, ce qui pourrait contribuer à faire évoluer la situation.
Source : Assemblée nationale
