Conditions de détention alarmantes à la maison d’arrêt de Pau : chaleur et surpopulation exacerbent les tensions

À la maison d’arrêt de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, les syndicats de surveillants pénitenciers alertent sur des conditions de travail dégradées dues à la canicule et à la surpopulation. La chaleur intense affecte également les détenus, entassés dans des cellules trop petites.

Amélie Copin, surveillante dans cet établissement, décrit une situation insoutenable : « Les matelas sont au sol, la chaleur est étouffante dans les coursives, et les tensions avec les détenus montent. » Dans un communiqué daté du 9 juillet, quatre syndicats (FO, CGT, UFAP et SPS) ont déclaré : « Faut-il un drame ? Nous le frôlons au quotidien de jour comme de nuit. »

Les températures atteignent jusqu’à 40°C dans les coursives, et dans les cellules surpeuplées, elles peuvent dépasser les 50°C, selon l’Observatoire International des Prisons (OIP). La maison d’arrêt de Pau, avec ses murs épais et son manque d’aération, ne répond pas aux exigences du changement climatique. La surpopulation carcérale, qui touche l’ensemble des prisons françaises, aggrave la situation. Le taux d’occupation dans les prisons françaises est de 140 % (170 % pour les maisons d’arrêt), avec plus de 300 détenus pour 189 places à Pau, représentant un taux d’occupation de 159 %.

Les cellules de 22 m² abritent jusqu’à huit détenus, rendant la situation encore plus critique. Amélie Copin explique : « Quand on ouvre les cellules le matin, on se prend une vague de chaleur. On enjambe des détenus dégoulinant de sueur. Cela entraîne davantage de violence et de bagarres. L’ambiance est électrique. »

La combinaison de la chaleur et du sous-effectif rend le travail des surveillants de plus en plus difficile. « C’est invivable. Nous travaillons du matin au soir, souvent sans compter les heures supplémentaires. Nous sommes tous épuisés », confie Amélie Copin. Malgré ce climat difficile, elle souligne leur attachement à leur métier : « On se sent abandonnés par l’État, mais on a appris à aimer notre travail. »

Pour améliorer les conditions, les syndicats réclament le recrutement de nouveaux agents. Amélie Copin souligne qu’« un surveillant pour 130 détenus, ce n’est pas normal ». Ils demandent également la construction de nouvelles prisons, conformément au « plan 15 000 places de prison sur 10 ans » lancé en 2017. Cependant, la construction d’une nouvelle prison à Pau, prévue pour 2027, a été reportée à 2029. Amélie Copin espère qu’elle sera « mieux adaptée à la chaleur ».

Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine

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