El Niño de retour cet été 2026 : faut-il craindre un nouveau record mondial de chaleur ?

El Niño de retour cet été 2026 : faut-il craindre un nouveau record mondial de chaleur ?

El Niño, un phénomène climatique naturel qui se manifeste dans l’océan Pacifique équatorial tous les deux à sept ans, pourrait faire son retour cet été. Ce phénomène se traduit par un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique central et oriental, entraînant des modifications de la circulation atmosphérique à l’échelle mondiale.

Après une phase La Niña relativement faible durant l’hiver 2025-2026, les températures de surface de l’océan Pacifique ont commencé à remonter rapidement. Les principaux centres météorologiques mondiaux estiment qu’un basculement vers El Niño est probable dès cet été, avec des prévisions indiquant jusqu’à 80 % de probabilité de développement entre juin et août, et près de 90 % de probabilité que cet épisode se maintienne jusqu’à la fin de l’année.

Certains scénarios saisonniers envisagent un réchauffement particulièrement marqué du Pacifique équatorial d’ici l’hiver prochain. Si cela se confirme, les anomalies de température pourraient dépasser les +2°C, seuil généralement utilisé pour qualifier les épisodes les plus puissants, parfois désignés comme « super El Niño ». Ce fut le cas lors des événements exceptionnels de 1997-1998 et de 2015-2016, bien que l’incertitude demeure importante plusieurs mois à l’avance.

El Niño agit comme un catalyseur temporaire du réchauffement global. Lorsque les eaux du Pacifique se réchauffent, une partie de cette chaleur est transférée vers l’atmosphère, augmentant ainsi la température moyenne de la planète pendant plusieurs mois. Si un El Niño intense se confirme pour 2026-2027, en s’ajoutant au réchauffement climatique, il pourrait approcher, voire dépasser, les niveaux records observés en 2024, l’année la plus chaude jamais mesurée à l’échelle mondiale.

Traditionnellement, El Niño favorise des conditions plus humides sur la côte ouest de l’Amérique du Sud, dans certaines régions du sud des États-Unis, et dans la Corne de l’Afrique. En revanche, des conditions plus sèches sont souvent observées en Australie, en Indonésie et dans certaines parties de l’Amazonie, augmentant les risques de sécheresse et d’incendies. Les territoires français d’outre-mer situés dans les zones tropicales pourraient également être davantage touchés que la métropole.

L’influence d’El Niño sur l’Europe occidentale reste généralement limitée et moins marquée que celle du réchauffement climatique. Même lors des épisodes les plus intenses, les effets sur la France sont souvent difficiles à distinguer des autres facteurs atmosphériques. Les répercussions éventuelles concernent surtout l’hiver suivant, lorsque certaines anomalies de circulation atmosphérique peuvent se propager jusqu’aux moyennes latitudes. À ce stade, il est impossible de relier directement le futur temps de l’été ou de l’hiver en France au développement d’El Niño, et les prévisions devront être affinées dans les mois à venir.

Source : Météo France, NOAA

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