L’utilisation de l’intelligence artificielle par Boko Haram : un tournant inquiétant
Les membres du groupe terroriste Boko Haram se sont tournés vers des outils d’intelligence artificielle, tels que ChatGPT, Claude, Grok et le chatbot chinois DeepSeek. Selon un rapport publié par l’université de Cambridge, plus de vingt anciens membres de cette organisation jihadiste basée au Nigeria ont témoigné de l’intégration croissante de l’IA dans leurs opérations.
Antonia Juelich, spécialiste des questions de terrorisme et de technologie, a expliqué que recueillir ces témoignages n’a pas été aisé, nécessitant plusieurs réunions pour aborder ce sujet sensible. Jusqu’à présent, l’utilisation de l’IA par des groupes comme Boko Haram était principalement visible à travers des traces en ligne, suggérant un usage limité à la propagande et au recrutement. Cependant, les récits des anciens membres révèlent que l’IA soutient désormais les activités terroristes à divers niveaux.
Les terroristes auraient commencé à utiliser des modèles d’IA dès 2023, peu après le lancement de ChatGPT en novembre 2022. Des formateurs venus d’Irak, d’Afghanistan et du Maghreb ont enseigné aux membres de Boko Haram comment poser des questions efficaces aux chatbots. Des unités spécialisées en IA ont été mises en place, permettant aux combattants de soumettre leurs requêtes à des « experts » disposant d’un accès aux versions payantes de ces outils.
Les témoignages indiquent que ces chatbots ont été consultés pour optimiser l’utilisation d’armes saisies, améliorer les charges explosives des drones kamikazes et mieux planifier les attaques. Ainsi, toute la chaîne logistique des opérations terroristes a été révisée grâce à l’IA, augmentant l’efficacité opérationnelle des groupes.
Des experts, tels que Graig Klein de l’université de Leyde, soulignent que cette évolution n’est pas unique à Boko Haram et que d’autres mouvements pourraient également bénéficier de ces technologies. Les garde-fous mis en place par des entreprises comme OpenAI sont jugés insuffisants pour empêcher l’utilisation de l’IA à des fins terroristes. Les experts mettent en garde contre le risque que l’IA facilite l’accès à des connaissances sur la fabrication d’armes de destruction massive.
Antonia Juelich et d’autres spécialistes appellent à un renforcement des mes de sécurité pour limiter ces dangers potentiels.
Source : Université de Cambridge
