Le mythe de la France sans esclaves s’effondre dans les archives
Des archives inédites révèlent une réalité complexe concernant l’esclavage en France, notamment à Paris, dans les décennies précédant la Révolution française. L’ouvrage de Miranda Spieler, qui s’appuie sur des témoignages de cinq esclaves en fuite, met en lumière les ambiguïtés juridiques, les violences policières et la racialisation croissante qui ont façonné leurs vies clandestines.
À l’époque, Paris était perçue comme une oasis de liberté, attirant des esclaves venus d’Afrique, des Caraïbes et de l’océan Indien. Ces individus espéraient y trouver refuge, loin des ports français, tristement célèbres pour leur implication dans le commerce des esclaves. Bien que la France ait commencé ce commerce plus tardivement que d’autres nations, elle a fini par occuper une position dominante sur le marché mondial à la fin des années 1780.
Cette expansion a rendu Paris dangereux pour les esclaves en quête de liberté, les exposant à des voisins indiscrets, des réseaux d’espionnage et des arrestations. Les vies de ces esclaves, dont les parcours sont scrutés à travers des rapports de police et des correspondances privées, révèlent des stratégies de survie face à une culture juridique racialisée qui imprégnait la société de l’Ancien Régime.
En explorant leurs histoires, Miranda Spieler éclaire une lutte pour la liberté et un passé souvent ignoré, redéfinissant ainsi notre compréhension du Paris aristocratique de la fin du XVIIIe siècle.
L’ouvrage sera publié le 20 août 2026 par les éditions La Découverte.
Source : Actualitté
