14 000 satellites brouillent le ciel : cette peinture ultra-noire pourrait tout changer
Le ciel nocturne, autrefois un spectacle de tranquillité, est désormais perturbé par une multitude de satellites. Actuellement, plus de 14 000 satellites évoluent en orbite basse, ce qui pose un défi croissant pour les astronomes. Chaque traînée lumineuse laissée par ces objets peut compromettre des heures d’observation précieuses. Face à cette situation, une équipe de chercheurs de l’Université de Surrey, au Royaume-Uni, a développé une peinture d’un noir profond, capable d’absorber presque toute la lumière qu’elle reçoit.
Quand le ciel devient une autoroute lumineuse pour les télescopes
L’orbite basse est en train de se transformer en un véritable embouteillage. Avec cette augmentation significative du nombre de satellites, le ciel nocturne ressemble de plus en plus à une autoroute clignotante. Ces satellites, en plus de leur présence, réfléchissent la lumière du soleil, parfois aussi brillamment que des étoiles, ce qui complique la tâche des observatoires terrestres. Chaque fois qu’un satellite traverse le champ d’un télescope, il laisse une traînée lumineuse qui perturbe les images capturées.
Vantablack 310 : le piège à lumière qui absorbe 98 % des rayons
Pour répondre à ce problème, les chercheurs ont mis au point le Vantablack 310, un matériau capable d’absorber 98 % de la lumière incidente. Ce revêtement, observé au microscope électronique, présente des structures coralliennes qui piègent les rayons lumineux, les empêchant ainsi de s’échapper. En conséquence, un satellite recouvert de ce matériau devient presque invisible pour les instruments d’observation.
Le verdict des simulations : ce que valent vraiment les satellites camouflés
Les performances de ce revêtement sont mesurées en utilisant l’échelle de magnitude AB, où une valeur plus basse indique une plus grande brillance. Un satellite non traité peut atteindre une magnitude de 3,7, tandis qu’un satellite recouvert de Vantablack 310 peut descendre à une magnitude de 6,7 à 7,0, et même jusqu’à 7,1 à 7,8 dans certaines simulations. Bien que cela reste légèrement au-dessus du seuil recommandé par l’Union Astronomique Internationale, les résultats sont prometteurs.
Jovian-1 et les défis à relever avant de noircir le ciel
Malgré ses résultats encourageants, le Vantablack 310 doit encore être testé dans des conditions réelles. La prochaine étape impliquera son intégration dans une mission future, le CubeSat Jovian-1, qui mera la luminosité depuis le sol. Les résultats de cette mission détermineront si cette peinture peut réellement résoudre le problème des satellites lumineux.
En conclusion, alors que la conquête spatiale continue de croître, une solution comme le Vantablack 310 pourrait offrir une voie vers un équilibre entre l’astronomie et l’utilisation de l’espace. La question demeure : les fabricants de satellites accepteront-ils d’adopter ce nouveau revêtement pour préserver la clarté du ciel nocturne ?
Source : SciencePost
